Voici une sélection non exhaustive des moments
forts de l'actualité rwandaise en 2000.
Janvier - Février
- Mars - Avril
Mai
- Juin - Juillet - Août
Septembre
- Octobre
Novembre
- Décembre
Janvier 2000
1
Une veillée de nouvel an a été organisée pour la nuit du 31
décembre au stade Amahoro à Kigali à l'initiative du gouvernement. Plus de 15.000
personnes étaient présentes, dont les autorités du pays, les diplomates en poste au
Rwanda et de nombreuses personnalités, et ont pu assister à un match de football (entre
l'APR-FC et Rayon Sport), à des chants, des danses, des récitals de poèmes et des feux
d'artifices. (ARI/RNA 01/01/2000)
4
Selon l'Agence Rwandaise d'Information (ARI/RNA), l'Assemblée Nationale de
Transition (ANT) a adopté la semaine dernière une loi modifiant le Code des
Procédures Criminelles à propos de la détention préventive de personnes suspectées de
crimes de génocide ou de crimes contre l'humanité commis entre le 1er octobre 1990 et le
31 décembre 1994. Une source haut placée à l'ANT a indiqué à l'ARI/RNA que la
détention préventive était étendue de 18 mois à partir du 31/12/99. Cette loi modifie
la Loi 16/97 du 26 décembre 1997. (ARI/RNA 04/01/2000)
Toujours selon l'Agence Rwandaise
d'Information (ARI/RNA), les priorités dans le secteur de l'éductation au Rwanda vont
être revues. Un rapport du Ministère de l'Education stipule que le développement
économique sera atteint par la formation et un accès accru à l'éducation et plus
égalitaire. Pour améliorer la qualité de l'enseignement, 12 écoles d'enseignants
seront ouvertes dans le pays et 14.000 instituteurs du primaire y recevront une formation.
Par ailleurs, le rapport indique que le taux de passage du primaire au secondaire est
passera de 16 à 40% en 2005 (avec un taux intermédiaire de 30% cette année). (ARI/RNA
04/01/2000)
7
Joseph Sebarenzi Kabuye , porte-parole de l'Assemblée Nationale de
Transition (ANT) a démissionné de son poste pour "des raisons personnelles" a
indiqué une source officielle. Joseph Sebarenzi a convoqué pour ce vendredi 07/01/2000
le Parlement pour une session pleinière afin d'annoncer sa décision en accord avec les
procédures parlementaires. La démission surprise du porte-parole a été soumise au
Président Bizimungu jeudi, après la signature d'une pétition par 58 des 70 députés.
Cette pétition reproche à Sebarenzi et à Amidou Omar, secrétaire de l'ANT "six
fautes" dont "dérive autoritaire, manque de transparence et de démocratie et
usage de la division comme mode de fonctionnement" et demande leur démission. Un
nouveau bureau doit être élu dans les 30 prochains jours lors d'une session
extraordinaire. Joseph Sebarenzi est membre du Parti Libéral (PL) et Amidou Omar membre
du Parti Social Démocrate (PSD). Leurs remplaçants seront issus des mêmes partis. Le
terme du mandat de l'ANT est fixé à 2004. (PANA 07/01/2000)
10
Deux Australiens, Geoffrey Robinson (avocat) et Michael
Hourigan (ancien procureur en Australie et enquêteur auprès du TPIR) ont
décidé de poursuivre en justice l'Organisation des Nations Unies pour complicité
présumée lors du génocide des Batutsi de Rwanda de 1994. Ils représentent deux femmes
rwandaises dont les familles ont été massacrées. L'une d'elle, Anonciata
Kavaruganda, est la veuve de Joseph Kavaruganda, ancien juge à la Cour Suprême
du Rwanda et massacré pendant le génocide. L'autre, Louise Mushikiwabo,
est la soeur de Lando Ndaswinga, qui fut le seul ministre tutsi du gouvernement rwandais
avant le génocide. Les deux femmes accusent les casques bleus qui étaient chargés de
leur protection de s'être enfuis ou d'avoir livré leurs familles aux milices. Mme
Kavaruganda a indiqué que les militaires ghanéens qui devaient protéger sa famille
buvaient et avaient sympathisé avec les miliciens pendant que ces derniers l'ont torturé
ainsi que ses enfants. (Mail & Guardian 10/01/2000)
11
Une nouvelle police nationale sera recrutée en vue de remplacer la
gendarmerie et la force de défense locale "dès que toutes les technicalités
juridiques seront finalisées", a commenté l'agence rwandaise d'information
(ARI) au cours du week-end. 'La force initiale de police nationale sera composée de 3 500
hommes, qui seront choisis parmi les membres actuels de la gendarmerie nationale, de la
défense locale et parmi la population,' selon les propos du commandant d'état-major de
la gendarmerie nationale, Denis Kareera, chargé de mettre en place la nouvelle force,
cités par l'ARI.
(IRIN 11/01/2000)
13
Un jeune rwandais de 19 ans, Silas Musoni,
originaire de Kamanyi (préf. de Gitarama) s'est émasculé alors qu'il avait remarqué
perdre du poids jour après jour. Hospitalisé au CHU de Butare pour une crise de malaria,
Musoni s'est enfui de l'hôpital au bout d'une semaine voyant qu'il continuait à maigrir.
Persuadé qu'il était atteint du sida, le jeune homme a décidé de résoudre son
problème en coupant ses organes génitaux avec une lame de rasoir. Il a été découvert
par des passants alors qu'il perdait son sang dans des toilettes publiques. Ces personnes
l'ont immédiatement ramené à l'hôpital. Selon sa famille, le jeune homme souffre de
troubles mentaux et n'a jamais effectué de test HIV. (PANA 13/01/2000)
15
Charles Josselin, ministre français délégué à la
Coopération a effectué samedi 15/01/2000 une visite au Rwanda dans le cadre d'une
tournée le menant également en Ouganda et en Tanzanie. C'est la première visite d'un
ministre français depuis le génocide des Batutsi de 1994.(AFP 15/01/2000)
19
Dans un léger remaniement ministériel, mardi, Jean de Dieu Ntiruhungwa
a été nommé ministre des travaux publics, des transports et de la communication. Aaron
Makuba a, quant à lui, reçu le cabinet de l'agriculture. D'après l'Agence
rwandaise d'information (ARI), ils ont occupé les places laissées respectivement par
Vincent Biruta, maintenant député, et Laurent Ngirabanzi qui a démissionné après
avoir été impliqué dans la mauvaise gestion des fonds publics. (IRIN
19/01/2000)
20
Un nouveau président parlementaire, le Dr Vincent Biruta, du
Parti social démocratique (PSD), a été élu pour remplacer Joseph Sebarenzi Kabuye qui
a démissionné après avoir été accusé d'abus de pouvoir et de causer des divisions au
sein de l'armée. M. Sebarenzi a démenti ces allégations. L'ARI a indiqué que M. Biruta
avait recueilli 75 pour cent de voix lors d'une session extraordinaire du parlement,
mercredi. (IRIN 20/01/2000)
Le procureur général, Gérald
Gahima, a rendu publique une nouvelle liste de suspects de génocide, classés
dans la "catégorie un", a rapporté l'ARI. Cette nouvelle liste
comprend 2 133 noms et est "très différente" de la première, selon
les propos de M. Gahima. Il a ajouté que près de 643 noms avaient été retirés de la
liste initiale, et 830 nouveaux noms apparaissaient sur la liste révisée. (IRIN
20/01/2000)
21
Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a proposé le
déploiement d'une force totale de 5 537 hommes en RDC, compte-tenu de la détérioration
de la situation dans le pays. Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, cette
semaine, Kofi Annan a déclaré que cette proposition reposait sur l'hypothèse que les
parties au conflit respecteraient l'accord de Lusaka et les résolutions applicables du
Conseil de sécurité. Cette force se concentrerait autour de quatre bataillons renforcés
d'infanterie et serait située sur quatre sites différents, probablement Mbandaka, Mbuji
Mayi, Kisangani et un autre endroit qui reste à déterminer dans le sud-est. (IRIN
21/01/2000)
24
Les principaux acteurs du conflit de la République démocratique du Congo se sont
rendus à New York pour soutenir les efforts du Conseil de sécurité des Nations Unies
destinés à relancer l'application de l'accord de paix de Lusaka, ont rapporté les
organes d'information. Le coup d'envoi des consultations a été donné par le secrétaire
d'Etat américain, Madeleine Albright, qui a tenu des discussions
séparées avec le président du Rwanda, Pasteur Bizimungu et Laurent-Désiré
Kabila, président de la République démocratique du Congo, en avance sur la
rencontre de lundi.
Les présidents des six pays impliqués dans le conflit participent à la réunion, à
savoir, Yoweri Museveni d'Ouganda, Robert Mugabe du
Zimbabwe, Sam Mujoma de Namibie, Laurent-Désiré Kabila
de la République démocratique du Congo, Pasteur Bizimungu du Rwanda et José
Eduardo Do Santos d'Angola. Les principales questions ayant trait au processus de
paix comprennent le désarmement des différents groupes armés opérant en RDC, la tenue
d'un débat national, le déploiement d'une force de maintien de la paix et le retrait des
troupes étrangères. (IRIN 24/01/2000)
27
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a
déclaré coupable de génocide l'ancien directeur d'une usine de thés, Alfred
Musema, et l'a condamné à la prison à perpétuité jeudi. L'agence Internews,
décrivant le procès comme l'un des plus palpitants et compliqués qu'ait eu à instruire
le tribunal, a indiqué que M. Musema, âgé de 50 ans, est resté impassible à la
lecture de ses chefs d'accusation et de sa condamnation. Il a été reconnu coupable de
génocide, d'extermination et de viol. "Musema a commis ces actes avec
l'intention spécifique de détruire le groupe tutsi" a déclaré le juge
président Lennart Aspegren. M. Musema était directeur de l'usine de thés de Gisovu à
Bisesero, dans l'ouest du Rwanda, à la période des crimes du génocide en 1994. Il est
le cinquième accusé reconnu coupable par le TPIR. (IRIN 27/01/2000)
Vingt substituts du procureur ont été assermentés par le premier ministre, Pierre
Célestin Rwigema, a rapporté l'Agence d'information rwandaise (ARI). (IRIN
27/01/2000 - voir note)
28
Le gouvernement rwandais prévoit de mettre en place une commission nationale
anti-corruption, "qui sera un outil pour éradiquer le mal dans la société
rwandaise", a rapporté jeudi l'Agence d'information rwandaise (ARI). Selon les
propos du président de la commission anti-corruption actuelle, le ministre de la justice,
Jean de Dieu Mucyo, cités par l'agence, sa commission s'est jusqu'à
présent occupée de la corruption dans le secteur judiciaire où un certain nombre de
procureurs et d'autres officiers de justice ont été renvoyés ou arrêtés pour avoir
pratiqué des pots-de-vin. Un code de conduite est en cours de préparation et sera
bientôt présenté au cabinet pour approbation. (IRIN 27/01/2000 - voir note)
31
Le cabinet rwandais a interdit la consommation d'alcool pendant les heures de
travail. La réunion, présidée par le vice-président, Paul Kagame, a
également approuvé un certain nombre de licenciements et de nominations, y compris une
restructuration du bureau du vice-président. Dr Théogène Rudasingwa a été nommé
directeur au bureau du vice-président, et David Musema Kweli, Emmanuel Gasana et Annette
Mukakigeri ont été nommés conseillers. Eugène Kayanga Muzuka a été renvoyé de son
poste de sous-préfet de Bugumya dans la préfecture de Cyangugu, ainsi que Frank Mwine,
maire de Nyakabuye, également à Cyangugu, pour "promouvoir le divisionnisme
dans la région". (IRIN 31/01/2000)
Le volcan de Nyamuragira,
au nord de Goma dans l'est de la RDC, a été en éruption de manière intermittente au
cours du week-end. Le volcan de Nyamuragira est situé à l'intérieur de la chaîne de
Virunga à la frontière de l'Ouganda et du Rwanda. Cette région a une longue histoire
d'activité volcanique ayant causé la perte de vies humaines et de biens matériels.
(IRIN 31/01/2000)
Février 2000
1
Un ancien général rwandais, Augustin Ndindiliyimana, recherché
pour accusations de génocide, a été arrêté en Belgique, à la demande du TPIR, ont
rapporté les agences de presse. Il était responsable de la police militaire sous le
régime de l'ancien président, Juvenal Habyarimana, et s'était enfui en Belgique après
le génocide de 1994. 'Son arrestation, c'est déjà mieux que rien, vu le temps que cela
a pris,' a commenté auprès d'IRIN, Gérald Gahima. Par ailleurs, Le procureur général
du Tribunal, Carla del Ponte, devrait se rendre à Londres pour tenir des consultations
avec le gouvernement britannique. La BBC a indiqué qu'on ne savait pas encore si cette
visite était liée à la présence du colonel Tharcisse Muvunyi, un
suspect de génocide recherché par le gouvernement rwandais et le TPIR. (IRIN
01/02/2000)
2
Le suspect de génocide, Augustin Ndindiliyimana, qui a été
arrêté en Belgique samedi, sera transféré au TPIR suite à des discussions avec les
autorités belges, a déclaré le chef des enquêtes au parquet du TPIR, Mohammed Othman,
à l'agence de presse Hirondelle. Toutefois, l'ancien chef de la police militaire ne sera
pas jugé conjointement avec un groupe d'officiers militaires rwandais déjà détenus à
Arusha. Ce groupe comprend Theoneste Bagasora, l'ancien directeur de cabinet au ministère
de la défense. (IRIN 02/02/2000)
4
La chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles a
examiné jeudi 03/02/2000 les "charges pesant sur trois présumés génocidaires
du Rwanda. Les soeurs Gertrude et Kizito, d'un monastère proche de Butare et
l'ex-directeur d'une fabrique d'allumettes de Butare, Alphonse Higaniro, étaient
présents au palais de justice de Bruxelles". Les débats ont
porté sur "l'opportunité d'une prise de corps (arrestation) en vue du renvoi de ces
trois personnes devant la cour d'assises de Bruxelles". (Le Soir 04/02/2000)
Selon les journaux Sud
Presse, un rapport militaire resté "confidentiel" et
datant d'octobre 1996 dénonce le manque de préparation des Casques bleus envoyés au
Rwanda en 1993-1994 et l'incompétence de certains chefs. Ce rapport, rédigé par le
commandant de la brigade para-commando de l'époque, le colonel (aujourd'hui général)
Jacqmin, a été caché à la commission d'enquête sénatoriale qui s'est penchée sur
les événements du Rwanda. Il dénonce le "manque de rigueur caractérisé",
le "manque de moyens", l'"amateurisme", et l'"incompétence
des chefs" des deux bataillons successifs affectés à la MINUAR à partir de
novembre 1993. L'existence de ce rapport a été qualifiée de "scandaleuse"
par plusieurs sénateurs ayant siégé dans la commission d'enquête sur le Rwanda. (Planète
Internet Belgique 04/02/2000)
8
Le Rwanda a confirmé, pour la première fois, depuis la signature de l'accord de trêve
conclu l'année dernière, que ses troupes se sont affrontées avec les forces
gouvernementales congolaises et leurs alliés dans la province du Nord- Kasaï. "Nous
avons observé une retenue maximale jusqu'à ce que Kabila et ses alliés se retirent de
leurs positions et nous attaquent. Cet acte suscite notre inquiétude devant la manière
dont on traite les violateurs du cessez-le-feu", a fait savoir mardi à IRIN le
commandant Emmanuel Ndahiro, conseiller du vice-président rwandais, Paul
Kagame. (IRIN 08/02/2000)
9
En France, la Cour de cassation a approuvé la remise
au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de Jean de Dieu Kamuhanda,
46 ans, ancien ministre de l'Enseignement supérieur, soupçonné d'avoir joué un rôle
dans le génocide. Son transfert au Tribunal, qui est basé en Tanzanie, à Arusha, avait
déjà été approuvé par la cour d'appel le 15 décembre. La décision de la Cour de
cassation le rend maintenant en principe exécutoire. (Reuters 09/02/2000)
14
Un Rwandais de 24 ans a été
arrêté à l'aéroport de Genève-Cointrin (Suisse) alors qu'il transportait 1,78
kg de cocaïne dans les semelles de ses chaussures. En provenance de Rio, le jeune homme a
été trahi par son faux passeport britannique. Selon l'agence AP, "le
dealer a été conduit, en chaussettes, à la prison de Champ-Dollon". (AP
14/02/2000)
15
Un ancien commandant de l'armée rwandaise, Innocent
Sagahutu, suspect de participation au génocide des Batutsi de 1994 a été
arrêté par la police danoise à Ringkoebing (Danemark). Il est soupçonné d'avoir participé
"à des meurtres et à des viols à grande échelle" ainsi qu'au
meurtre de l'ancien premier ministre Agathe Uwilingiyimana et des 10 casques bleus belges
chargés de sa protection. Quant à François-Xavier Zuwonemeye, lui
aussi membre des anciennes Forces Armées Rwandaises (FAR), il a été arrêté à
Montauban (France) par des policiers français accompagnés d'enquêteurs du TPIR. Il a
été écroué à la maison d'arrêt de Montauban et devrait être transféré à Paris
où la chambre d'accusation de la cour d'appel doit examiner formellement sa livraison au
TPIR. (AP et Reuters 15/02/2000)
16
Le parlement rwandais a unanimement adopté une loi permettant
l'établissement des tribunaux de gacaca basés dans les communautés, a rapporté
l'agence rwandaise d'information. La loi constitutionnelle amendée prévoit maintenant
l'ouverture d'une sixième branche à la cour suprême qui surveillera les opérations des
tribunaux de gacaca. Les juges seront élus par les populations locales au lieu d'être
désignés par le conseil des magistrats. (IRIN 16/02/2000)
Le gouvernement rwandais a inclus feu le président Juvenal
Habyarimana sur une nouvelle liste révisée de suspects de génocide. "Le
31 décembre, l'année dernière, nous avons publié une nouvelle liste de suspects de
génocide", a indiqué mercredi à IRIN le procureur général rwandais Gérald
Gahima. "Nous avons procédé en retirant 643 cas et en ajoutant 800
supplémentaires dans la catégorie 1. Nous avons ajouté le nom des suspects décédés
sur la liste pour permettre aux victimes de demander des dommages et intérêts".Les
experts juridiques ont indiqué qu'en ajoutant les noms des suspects décédés sur la
liste, les autorités rwandaises pouvaient automatiquement confisquer les biens des
suspects défunts tels que l'ancien président Habyarimana. La loi rwandaise sur le
génocide, édictée en 1996, divise les suspects en quatre catégories. La catégorie 1
attribue la peine de mort automatique. (IRIN 16/02/2000 - voir note)
17
Le Rwanda a nommé de nouveaux chefs de sécurité et a créé une nouvelle force
de police qui sera dirigée par l'ancien adjoint au chef d'état-major des forces armées.
Il a aussi mis en place un conseil de sécurité pour coordonner le travail des organes de
sécurité d'état. La nouvelle force de police nationale sera dirigée par le
colonel Frank Mugabagye, qui était l'ancien adjoint au chef d'état-major. Le secrétaire
général du nouveau conseil de sécurité d'état est le chef d'état-major de la
gendarmerie, le général de brigade Gastinze, son adjoint est le directeur de la
sécurité extérieure, le lieutenant colonel Patrick Karegyeya. (IRIN
17/02/2000
23
L'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty International,
a fait savoir qu'elle enquête sur le cas de quatre soldats rwandais qui s'étaient enfuis
au Burundi et en Tanzanie, et qui auraient été rapatriés de force au Rwanda. Les quatre
hommes seraient des membres du 'Directorate of Military Intelligence' (DMI - Département
des renseignements militaires). D'après le service BBC de Kinyarwanda, ils se sont enfuis
après avoir reçu des menaces de mort au Rwanda. Selon certaines informations, ces quatre
personnes, qui comptent parmi elles le chanteur connu, Benjamin Rutabana,
avaient été torturées. La Commission nationale des droits de l'homme au Rwanda enquête
également sur cet incident. Les autorités rwandaises ont confirmé que ces hommes sont
de retour dans leur pays, ont indiqué les organes d'information. Des analystes de la
région ont confié à IRIN que ces arrestations avaient probablement un lien avec
l'ancien président de l'assemblée, Joseph Sebarenzi, qui a récemment cherché refuge en
Ouganda, suite à des allégations qui l'accusaient de chercher à ramener l'ancien roi,
Kigeli V. Les analystes ont souligné qu'il semble y avoir des divisions croissantes au
sein de l'armée. (IRIN 23/02/2000)
24
Les leaders rebelles et les dirigeants de la région réunis à
Lusaka, en Zambie, ont fixé le 1er mars comme date-butoir à l'application de l'accord de
cessez-le-feu de Lusaka. Selon un communiqué émanant de la réunion, les leaders ont
entériné une proposition actualisée, soumise par le comité politique ministériel dont
dépend la Commission militaire mixte (CMM). Le sommet a réuni les chefs d'Etat du
Zimbabwe, de Namibie, du Rwanda, du Mozambique, de RDC, de Zambie, d'Ouganda et le
ministre de la défense angolais, ainsi que les trois factions rebelles. Le communiqué a
réitéré l'engagement des protagonistes dans l'accord de Lusaka et a rendu hommage à
l'intention des Nations Unies d'accroître la force des observateurs militaires en RDC.
(IRIN 24/02/2000)
25
Le parlement du Rwanda a décidé d'enquêter sur des allégations selon
lesquelles le gouvernement a détourné des fonds disposés à l'élimination des déchets
toxiques, a rapporté l'AFP jeudi. Selon l'agence française, le gouvernement n'aurait pas
détruit les déchets toxiques provenant d'une cargaison de 250 tonnes de pesticides
donnés par l'Union européenne, en dépit d'une subvention de l'UE accordée à cet effet
en 1995. (IRIN 25/02/2000)
Le Conseil de sécurité de l'ONU a
prorogé, jeudi, le mandat de la mission d'observateurs de l'ONU en RDC (MONUC) jusqu'au
31 août et a autorisé la Phase II du soutien de l'ONU pour l'accord de paix de Lusaka.
Ceci inclut l'élargissement de la MONUC à 5 537 militaires - regroupant jusqu'à 500
observateurs militaires - plus un "personnel de soutien civil approprié"
dans des domaines tels que les droits de l'homme et la protection de l'enfant. (IRIN
25/02/2000)
Les Banyamulenge
congolais d'ethnie tutsie ont publié un communiqué pour attirer l'attention de la
communauté internationale sur la reprise des programmes de Radio Patriote et la
distribution de prospectus de haine dans le Sud-Kivu. Dans le communiqué, parvenu à IRIN
vendredi, la communauté des Banyamulenge a fait savoir que certains membres de la
société civile du Sud-Kivu étaient à l'origine des sentiments anti-tutsis. (IRIN
25/02/2000)
28
Le Premier Ministre rwandais, Pierre-Célestin
Rwigema a présenté ce lundi 28/02/2000 sa démission au
président Pasteur Bizimungu qui l'a accepté cette démission à l'issue de la réunion
d'un cabinet spécial des ministres. L'Agence France Presse (AFP) indique dans une
dépêche datée du 28/02 que "Dans sa lettre au président Bizimungu, dont l'AFP
a obtenu une copie, le Premier ministre a dénoncé les "interprétations
controversées" et "les campagnes de médiatisation" qui ont suivi
plusieurs convocations du parlement, notamment sur des affaires de détournements de fonds
publics. [...] Les interprétations controversées des sujets de convocation et
les campagnes de médiatisation qui s'ensuivent créent un climat qui entrave le bon
accomplissement de mes fonctions et sont à la base de la décision prise d'y mettre un
terme". (AFP 28/02/2000)
29
Radio Rwanda a rapporté que quatre Rwandais ont été condamnés
à mort pour avoir participé au massacre de 120 Tutsis réfugiés dans l' église de la
paroisse de Mwezi, dans la province de Cyangugu (sud-ouest) lors du génocide de 1994. Les
quatre hommes ont été reconnus coupables de génocide et de crimes contre l'humanité
pour avoir dirigé le massacre. Le tribunal de Cyangugu a églamement condamné 13
personnes à la prison à perpétuité et 13 autres à 20 ans d'emprisonnement. (Reuters
29/02/2000)
Mars 2000
1
Un journal canadien, le National Post, a publié des informations
affirmant que des "informateurs tutsi" avaient indiqué à des
enquêteurs de l'ONU qu'ils "avaient aidé à abattre l'avion présidentiel"
de feu le général Habyarimana en citant un raport daté du 1er août 1997. Ce rapport
faisait état que les deux informateurs que Paul Kqagame et un gouvermnemant étranger
étaient derrière l'attaque. (AP 01/03/00)
Quatre personnes ont été
déclarées coupables de génocide et de crimes contre l'humanité, mardi, pour
leur participation dans le meurtre de 120 personnes dans l'église paroissiale de Mwezi,
dans la province de Cyangugu, au sud-ouest du Rwanda, au cours du génocide de 1994. A
l'issue du procès collectif de 40 accusés, le tribunal de Cyangugu a aussi condamné 13
personnes à la réclusion à perpétuité, et d'autres ont reçu des peines variables,
ont rapporté les organes d'information. Huit accusés ont été déclarés non coupables.
(IRIN 01/03/00)
3
Le gouvernement rwandais a réfuté les accusations du
National Post rendant le FPR responsable de l'attaque de l'avion du général Habyarimana
le 6 avril 1994. Un porté-parole du gouvernement a qualifié ces accusations de "propagande
sans fondement" et qu'elles étaient montées "pour justifier le
génocide de 1994 contre le peuple rwandais". Une autre source gouvernementale a
qualifié l'article d' "autre essai pour tourner l'opinion nord américaine contre
nous".(BBC 03/03/00)
7
La Cour d'appel française a ordonné lundi l'extradition d'un suspect de
génocide, François-Xavier Nzuwonemeye, au Tribunal pénal international
pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha. Ce suspect est un ancien membre des Forces armées
rwandaises et a été arrêté le 15 février 2000. La semaine dernière, le tribunal a
officiellement demandé au gouvernement belge de livrer l'ancien chef d'état-major de la
gendarmerie rwandaise, Augustin Ndindiliyimana. Il doit répondre d'accusations de
génocide, de viol et de crimes contre l'humanité. (IRIN 07/03/00)
8
Le ministère de la défense rwandais a ordonné aux personnes en
possession illégale d'armes de les déposer au commissariat de police le plus proche, a
rapporté mardi l'Agence rwandaise d'information (ARI). (IRIN 08/03/00)
La Commission nationale des droits de l'homme a réclamé une enquête
approfondie sur le meurtre de Kabera ainsi que sur plusieurs crimes récents dont celui de
Samuel Sarbagh, un volontaire libérien travaillant pour le PAM. Son appel a été soutenu
par la Coalition des ligues et associations des droits de l'homme (CLADHO) au Rwanda. (IRIN
08/03/00)
9
L'ancien ambassadeur du Rwanda en poste en Allemagne, Bernard
Makuza, vient d'être nommé premier ministre du Rwanda. Il succède à
Pierre-Célestin Rwigema, qui a démissionné la semaine dernière à l'issue
d'accusations d'irrégularités financières, a rapporté la radio nationale. (IRIN
09/03/00)
10
L'Union européenne a accepté jeudi d'accorder au Rwanda 110 millions
d'euros (environ 110 millions de dollars) dans le cadre du huitième Fonds européen de
développement (FED). Cet accord marque la reprise des relations régulières de
coopération interrompues lors du génocide de 1994. (IRIN 10/03/00)
13
Le Burundi et le Rwanda envisagent de construire une ligne de chemins de
fer directe jusqu'au port tanzanien de Dar es Salaam comme autre moyen d'accès à la mer,
a rapporté le quotidien tanzanien EastAfrican. Les deux pays enclavés d'Afrique centrale
comptent sur le port de Mombasa au Kenya pour les importations et les exportations qui
transitent aussi par l'Ouganda. Bien que les deux pays n'aient pas encore réuni les fonds
nécessaires pour le projet de la voie ferrée, les études de faisabilité indiquent que
le Burundi prévoit de prolonger la voie ferrée depuis le terminal actuel situé à
Rusumo, à la frontière avec la Tanzanie, jusqu'à Bujumbura et d'autres villes telles
que Musogati dans la province de Gitega. Le Rwanda projette de relier la capitale Kigali
au terminal d'Isaka, à la frontière avec la Tanzanie. (IRIN 13/03/00)
Le gouvernement a catégoriquement démenti dimanche les bulletins
de presse selon lesquels il aurait violé les sanctions de l'ONU imposées contre le
mouvement rebelle angolais, l'UNITA, en laissant ses chefs, présents au Rwanda, effectuer
des ventes de diamants et du trafic d'armes. Un rapport divulgué à la presse, qui avait
été commandité par le Conseil de sécurité de l'ONU, accuse le vice président
rwandais Paul Kagamé de laisser les rebelles "opérer plus ou moins librement"
pour acheter des diamants et rencontrer des trafiquants d'armes dans la capitale
rwandaise, Kigali, a rapporté la BBC. De hauts fonctionnaires de RDC, de la République
du Congo, du Gabon et d'Afrique du Sud ainsi que les gouvernements du Togo et du Burkina
Faso sont aussi accusés de violer les sanctions. Le Rwanda a démenti ces allégations et
s'est réservé "le droit d'y répondre totalement lorsque le rapport sera
officiellement présenté au Conseil de sécurité", a indiqué un communiqué
de presse du gouvernement. Le communiqué a fait savoir que le Rwanda avait toujours
respecté les sanctions et continuait de le faire.(IRIN 13/03/00)
L'assemblée nationale
rwandaise a voté une loi la semaine dernière prévoyant la mise en place d'une
force de police nationale, suite à la nomination de l'ancien adjoint au chef
d'état-major, le colonel Frank Mugabagye, à la tête de la nouvelle force de police. Le
travail de la police était auparavant effectué par la gendarmerie et la police
communale, et dans certains cas par la police militaire. (IRIN 13/03/00)
Le ministre de l'intérieur
tanzanien a expliqué qu'il avait récemment livré deux ressortissants rwandais
- Bertain Murera, membre de l'Armée patriotique rwandaise (APR) et Benjamin
Rutabana, musicien et membre démobilisé de l'APR - aux autorités de Kigali car
la police rwandaise avait sollicité leur coopération, affirmant que les deux hommes
étaient soupçonnés de vol à main armée. Les deux fugitifs étaient entrés en
Tanzanie illégalement suite au meurtre présumé d'un homme d'affaires à Kigali qu'ils
auraient dépouillé de 30 000 dollars, a rapporté la radio tanzanienne. Amnesty
International s'est déclarée préoccupée par le sort de Murera et de Rutabana, qui
auraient aidé l'ancien président de l'assemblée rwandais, Joseph Sebarenzi à fuir en
Ouganda. (IRIN 13/03/00)
14
Un officier militaire rwandais, le sous-lieutenant Epa Rutaisire,
a été abattu à Kigali samedi soir en rentrant chez lui, a annoncé l'Agence rwandaise
d'Information, selon des sources provenant des forces de sécurité. Il aurait été tué
par des hommes armés vêtus d'uniformes militaires circulant dans un véhicule
immatriculé en RDC, a précisé l'ARI. Son meurtre fait suite à celui d'un ressortissant
libérien travaillant pour le Programme alimentaire mondial (PAM) et celui du conseiller
présidentiel Aciel Kabera. (IRIN 14/03/00)
15
Le Danemark a annoncé mardi sa décision d'extrader vers le Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha en Tanzanie, un suspect du génocide qui
devra répondre de plusieurs chefs d'accusation, ont rapporté les agences de presse. Le
suspect, Innocent Sagahutu, un ancien capitaine de l'armée rwandaise
lors du génocide de 1994, a été arrêté le mois dernier au Danemark sous le coup d'un
mandat d'arrêt international du TPIR qui réclamait son extradition. Sagahutu, 38 ans,
est accusé de crimes contre l'humanité, viols collectifs, et est soupçonné d'avoir
été impliqué dans le meurtre de 10 casques bleus belges. Le ministre de la justice
danoise a établi que l'extradition de Sagahutu ne violerait pas la loi danoise en dépit
de son statut légal de réfugié, ajoutant que Sagahutu avait fait appel de cette
décision. (IRIN 15/03/00)
16
La privatisation d'entreprises du secteur public a rapporté à
l'Etat trois milliards de francs rwandais (près de 10 millions de dollars) pendant trois
années consécutives jusqu'à fin 1999, a déclaré mardi le secrétariat de
privatisation du gouvernement. Quelque 606,3 millions de francs (près de 20,2 millions de
dollars) avaient servi à préparer la voie à la vente prévue d'autres entreprises
publiques. (IRIN 16/03/00)
20
Le nouveau gouvernement rwandais a été annoncé et devait être
assermenté ce lundi. La nouvelle composition, présentée ci-dessous, a été annoncée
par la présidence et diffusée par la radio nationale:
1. Vice-président et ministre de la défense: Général de division Paul Kagame
2. Premier ministre: Bernard Makuza
3. Ministre à la présidence: Dr Joseph Mutaboba
4. Ministre de l'intérieur: Théobald Rwaka
5. Ministre des affaires étrangères: Andrew Bumaya
6. Ministre de l'agriculture, de l'élevage et des eaux et forêts: Ephraim
Kabaija
7. Ministre de l'éducation: Emmanuel Mudidi
8. Ministre de la justice et des relations institutionnelles: Jean de Dieu Mucyo
9. Ministre de l'énergie, de l'eau et des ressources naturelles: Bonaventure
Nibizi
10. Ministre des finances et de l'économie: Donald Kaberuka
11. Ministre des travaux publics, des transports et des communications: Jean de
Dieu Ntiruhungwa
12. Ministre du commerce, de l'industrie et du tourisme: Alexandre Lyambabaje
13. Ministre des terres, de la relocalisation et de l'environnement: le Professeur
Laurent Nkusi
14. Ministre du service public et du travail: Sylvie Zainabu Kayitesi
15. Ministre de la famille et de la femme au développement: Angelina Muganza
16. Ministre de la santé: Ezechias Rwabuhihi
17. Ministre de la jeunesse, des sports et de la culture: François Ngarambe
18. Ministre des gouvernements locaux: Désiré Nyandwi.
Ministres d'Etat:
1. Ministre d'Etat à la sécurité
(Défense): Col. BM Emmanuel Habyarimana
2. Ministre d'Etat aux affaires sociales: Odette Nyiramirimo
3. Ministre d'Etat à l'agriculture: Aron Makuba
4. Ministre d'Etat d'enseignement supérieur: Jean Damascène Ntawukuriryayo
5. Ministre d'Etat à la planification: Célestin Kabanda.
(IRIN 20/03/00)
Quelque 380 familles rwandaises
qui avaient été récemment évincées de la forêt de Gishwati à l'ouest du Rwanda
attendent encore d'être réinstallées, a rapporté l'Agence rwandaise d'information.
D'après l'ARI, les familles évincées, qui se trouvent actuellement dans des campements
à Rusekura dans la commune de Karago à Gisenyi, ont bénéficié, la semaine dernière,
d'un arrivage de secours humanitaires en provenance de la Croix-Rouge du Rwanda. L'ARI a
indiqué qu'on leur réallouerait des parcelles de terres dans les communes de Mutura et
de Giciye aux abords du parc national de Virunga. L'agence a expliqué que ces personnes
avaient été réinstallées ailleurs car elles détruisaient l'écosystème de la forêt
en coupant les arbres. (IRIN 20/03/00)
22
Une commission convoquée spécialement a entamé les préparatifs pour un
recensement national, prévu pour juillet, a indiqué mardi le directeur du Bureau
National de la Population, Maurice Buchaju. Le coût de cet exercice, estimé à
8 millions de dollars, devrait être supporté par l'Union Européenne (UE) et le Fonds
des Nations Unies pour les Activités de Population, a rapporté l'agence de presse
rwandaise. Le dernier recensement au Rwanda, en 1991, établissait la population à 7,4
millions et le taux de croissance démographique à 3,1 pour cent. Le Rapport 1999 du PNUD
sur le Développement Humain estime la population rwandaise à plus de six millions en
1997, en tenant compte du génocide de 1994 et de la chute du taux de croissance qui en
est résulté, mais projette qu'elle atteindra 10,5 millions d'ici 2015, ce qui engendre
de formidables défis de développement. (IRIN 22/03/00)
23
Le président Pasteur Bizimungu a démissionné jeudi, invoquant
des "raisons personnelles" dans sa lettre de démission à l'Assemblée
Nationale. Dans une seconde lettre, M. Bizimungu a présenté sa démission des postes de
vice-président, membre du comité exécutif et membre du bureau politique du Front
Patriotique Rwandais (FPR), mais a indiqué qu'il continuerait à servir le mouvement en
tant que simple membre du parti, a rapporté l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA).
"J'ai fait de mon mieux pour servir le mouvement et le pays. Dans le même temps,
je demande votre pardon pour ce qui ne s'est peut-être pas si bien passé",
a-t-il écrit au président du FPR (et vice-président rwandais), Paul Kagame. (IRIN
23/03/00)
Les restes de quelque 50 000
victimes du génocide de 1994 seront enterrés dans une fosse commune sur le site
d'un mémorial à Kigali, le 7 avril prochain. Jusqu'à présent, plus de 14 000 corps ont
été exhumés à Nyamirambo et 5 800 à Biryogo avant d'être à nouveau inhumés, a
expliqué le chef de la commune de Nyarugenge, Augustine Kampayana, cité par l'agence.
Soixante-huit millions de francs rwandais ont été alloués pour couvrir les coûts de la
seconde inhumation dans la commune de Nyarugenge, à Kigali Ville, selon M. Kampayana. Le
gouvernement envisage également de créer des sites de mémorial du génocide dans 150
des 151 communes du pays, a indiqué RNA. La commune de Giti dans la préfecture de
Byumba, au nord du Rwanda, est la seule à n'avoir jamais participé aux massacres, a
ajouté l'agence de presse. (IRIN 23/03/00)
24
Le vice-président rwandais Paul Kagame a finalement pris la place
de président par interim. Pourtant, le FPR avait indiqué jeudi 23 mars que le
porte-parole de l'Assemblée Nationale de Transition (ANT), Vincent Biruta (du PSD) devait
remplir cette fonction. (Reuters 24/03/00)
25
Le bureau politique du FPR n'a pas réussi lors de sa session
extraordinaire du vendredi 24 mars à désigner de candidat pour succéder à Pasteur
Bizimungu au poste de Président de la République. Le bureau politique a remis sa
décision au premier avril. (AFP 25/03/00)
27
Le gouvernement a indiqué que les ONG
internationales opérant au Rwanda doivent soumettre des plans d'action
détaillés pour garantir que leurs activités soient utiles aux Rwandais moyens. Le
ministre des gouvernements locaux, Désiré Nyandwi, a également indiqué que les ONG
opérant au Rwanda sans licence, ou dont les contrats ont expiré, devaient se faire
enregistrer avant le 31 mars pour pouvoir continuer à opérer, a rapporté la RNA. (IRIN
27/03/00)
Un ancien pasteur de l'Eglise
Adventiste du Septième Jour à Mugonero, préfecture de Kibuye, a été extradé des
Etats-Unis pour être jugé devant le TPIR, selon Hirondelle. Ce pasteur, Elizaphan
Ntakirutimana, est accusé d'avoir pris part à des massacres de Tutsis à
Mugonero et Bisesero. Il comparaît avec son fils Gérard, également en détention à
Arusha, précise Hirondelle. M. Ntakirutimana, 76 ans, a été arrêté aux Etats-Unis en
1996 mais avait été libéré 14 mois plus tard. Il a été à nouveau arrêté en 1998
au Texas, où il vivait. (IRIN 27/03/00)
Des responsables de l'ONU
ont déclaré que les Nations Unies avaient découvert un rapport de 1997 "engageant
la responsabilité" de Paul Kagame dans l'attentat contre l'avion de l'ancien
président Habyarimana le 6 avril 1994. Ce rapport consiste en un document de trois pages
rédigé par un ancien enquêteur pour le TPIR, Michael Hourigan. Il fait état de
témoignages de "trois informateurs rwandais" disant avoir abattu
l'avion de l'ancien président sur ordre de Paul Kagame. Le Rwanda a fermement démenti
ces informations publiées par un quotidien candien, le National Post, jugeant qu'elles
étaient "le fait des exilés hutus qui cherchent à réviser l'histoire du
génocide". (Reuters 28/03/00)
28
L'incidence enregistrée de la tuberculose (TB) a doublé au cours des cinq
dernières années, et la maladie représente maintenant une réelle menace, a
rapporté lundi l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA). En 1999, l'incidence
enregistrée de la TB dans les hôpitaux publics était de 6.557 Rwandais, par rapport à
3.057 en 1995, indique le rapport, qui ajoute que 45 à 50 pour cent de tous les nouveaux
cas de TB en Afrique s'accompagnent d'une infection VIH sous-jacente. (IRIN 28/03/00)
30
Les représentants des partis politiques approuvés au Rwanda ont
appelé le Front Patriotique Rwandais (FPR) à désigner le ministre de la défense, Paul
Kagamé, comme nouveau président du pays, après la démission de Pasteur Bizimungu, a
rapporté jeudi la radio rwandais. Pour le moment, M. Kagamé assure l'intérim de la
présidence, jusqu'à ce que le FPR, qui détient la présidence conformément à l'accord
d'Arusha de 1993, ait nommé deux candidats. Selon un communiqué de presse publié par
les partis composant le gouvernement de transition, M. Kagamé "a montré les
compétences d'un chef stable qui a la confiance de tous les Rwandais et est respecté à
l'étranger". "Il a dirigé le FPR et le gouvernement d'unité
nationale en des temps difficiles, et a fait montre de patriotisme, d'héroïsme, d'esprit
de sacrifice et d'intelligence". (IRIN 30/03/00)
Avril 2000
1
Les cérémonies
commémoratives du génocide des Tutsi du Rwanda ont commencé samedi 01/04/00.
Lors d'une semaine de deuil national auront lieu des exhumations et des inhumations des
restes de victimes. Les drapeaux rwandais seront mis en berne et les "boîtes de
nuit" seront fermées pendant toute la semaine. Les
restes de quelque 50 000 victimes du génocide de 1994 seront enterrés dans une
fosse commune sur le site d'un mémorial à Kigali, le 7 avril. Soixante-huit millions de
francs rwandais ont été alloués pour couvrir les coûts de la seconde inhumation dans
la commune de Nyarugenge, à Kigali Ville et Le gouvernement envisage également de créer
des sites de mémorial du génocide dans 150 des 151 communes du pays. (PANA 01/04/00
et IRIN 23/03/00)
2
Le tribunal de Cyangugu a condamné huit personnes à la peine de
mort et 14 autres à des peines de prison pour leur rôle dans le génocide. Les sentences
ont été prononcées vendredi. Selon Radio Rwanda, Theoneste Rukeratabar,
l'ancien maire de Gisuma (préf. de Cyangugu) figure parmi les condamnés à mort.
Vingt-huit personnes avaient été inculpées pour génocide et crime contre l'Humanité
dans le cadre de ce procès ; six ont été acquittées, sept ont été condamnées
à la prison à perpétuité, trois à 20 ans de prison et deux à respectivement 15 et 11
ans de détention. (AP 01/04/00)
3
La chambre d'appel du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a annulé
vendredi sa décision de libérer le présumé génocidaire Jean-Bosco Barayagwiza
pour vice de forme. "La chambre d'appel a décidé aujourd'hui que M. Barayagwiza
sera jugé pour génocide et les charges connexes retenues contre lui", a
indique le porte-parole des Nations Unies, Fred Eckhard. Dans sa décision révisée, la
chambre d'appel estime toujours que les droits de l'accusés ont été violés, mais
"à une échelle considérablement moindre qu'il avait été jugé"
dans sa décision du 3 novembre 1999, laquelle avait ordonné sa libération immédiate,
rapporte l'agence de presse indépendante Hirondelle. Les juges de la chambre d'appel ont
décidé que le non respect des droits de M. Barayagwiza devrait être pris en compte au
moment de son jugement. Le procureur du TPIR avait demandé en février une révision de
la décision de novembre de la chambre, arguant de "faits nouveaux" à
présenter. Entre autres choses, les faits nouveaux ont clarifié la période pendant
laquelle M. Barayagwiza a été détenu sans être informé des charges contre lui et a
révélé des facteurs ayant retardé son transfert vers Arusha en 1997, après son
arrestation au Cameroun en 1996, précise Hirondelle. (IRIN 03/04/00)
Le bureau politique du Front
Patriotique Rwandais (FPR) a proposé le président par intérim et ministre de
la défense, Paul Kagamé, ainsi que le secrétaire général du FPR, Charles Murigande,
pour être ses candidats à la présidence, en succession de Pasteur Bizimungu, qui a
démissionné le 23 mars dernier. M. Kagamé a obtenu 74 des 75 votes exprimés, et
Murigande a été ajouté comme second candidat du FPR pour satisfaire à l'obligation
légale qui demande la présentation de deux candidats, a rapporté l'agence de presse
Rwanda News Agency (RNA). Dans les huit jours de la présentation des noms au parlement et
au gouvernement, une session conjointe des deux organes sera convoquée pour élire le
cinquième président rwandais depuis l'indépendance. Les partis politiques avaient
collectivement demandé que le FPR propose M. Kagamé comme président, et cette
suggestion avait été soutenue lors d'une réunion extraordinaire, la semaine dernière,
des dirigeants locaux, des représentants des femmes et des jeunes, ainsi que les chefs de
préfectures, selon RNA. M. Kagamé, qui détient de toute façon le vrai pouvoir au
Rwanda, a toujours été en position de force pour reprendre la présidence après la
démission de M. Bizimingu parce qu'il n'y a aucun candidat hutu crédible au sein du FPR
pour prendre la place de l'ancien président, selon les spécialistes de la région. (IRIN
03/04/00)
4
Dans le cadre des cérémonies commémoratives du
génocide, une parcelle a été transformée en cimetière sur le Mont Kigali afin de
recevoir les dépouilles de victimes. Ces victimes étaient principalement des résidents
de Nyamirambo (quartier de Kigali) et leurs dépouilles ont été pour la plupart
transférées de charniers. Marc Kabandana, préfet de Kigali, a
déclaré à cette occasion à l'AFP : "Nous avons
entamé en mars un vaste programme d'inhumation et l'on espère avoir vidé toutes les
fosses communes dans la préfecture avant la fin de cette année. [...] Enterrer dignement
un million de personnes ça prend du temps [...] rien qu'à Nyamirambo, il y a plus de
200.000 victimes à enterrer selon nos estimations sachant que l'on a identifié pour le
moment seulement 38 fosses communes". (AFP 04/04/00)
5
Le tribunal de Cyangugu, au sud-ouest du pays, a condamné sept personnes
à mort à l'issue d'un procès de six mois de 15 personnes accusées de génocide, dans
la commune de Gafunzo, entre avril et juillet 1994, a rapporté Radio Rwanda, citée
par l'agence de presse allemande (DPA). Une autre personne reconnue coupable de génocide
a été condamnée à la réclusion à perpétuité, tandis que sept autres écopaient de
peines de durées variables. Quelque 20 000 personnes, en majorité tutsies, auraient
été tuées à Gafunzo pendant les massacres de 1994, a ajouté la radio. Le même
tribunal a condamné huit personnes à la peine de mort vendredi et 14 autres à diverses
peines de prison, après qu'elles aient été reconnues coupables dans un autre procès
groupé de présumés génocidaires. (IRIN 05/04/00)
7
De hauts responsables
gouvernementaux de Belgique et les familles des 10 casques bleus belges
assassinés dans les premiers jours du génocide, tandis qu'ils tentaient de protéger le
Premier ministre rwandais, Agathe Uwilingiyimana, ont assisté à la cérémonie de
commémoration à Kigali, vendredi. "Ils sont tombés sous les yeux d'un
commandement hésitant, le bastion final et irresponsable d'un système mal planifié et
mal équipé qui a montré, jusqu'à l'absurde, un manque coupable de sollicitude"
a déclaré le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, en parlant de la mort des hommes
qui a précédé l'assassinat de Mme Uwilingiyimana. "Toute la communauté
internationale porte une énorme et lourde responsabilité dans le génocide. J'assume
ici, devant vous, la responsabilité de mon pays, celle des autorités politiques et
militaires de Belgique. Au nom de mon pays, de mon peuple, je demande votre pardon",
a déclaré M. Verhofstadt, cité par l'agence Associated Press (AP). (IRIN 07/04/00)
13
Un comité national des femmes, comportant 10 membres, va être créé
pour donner aux femmes un rôle clé dans la planification nationale des politiques, a
annoncé mercredi le ministre des questions d'égalité et des Femmes dans le
Développement, Angelina Muganza. "Les représentantes des femmes au niveau des
préfectures éliront un comité national, qui aura la haute main sur les questions de
développement national et sera chargé de promouvoir les idées des femmes de la base
vers le sommet", a expliqué Mme Muganza, citée par l'agence de presse
rwandaise (RNA). "Le congrès des femmes aura un organe de coordination permanent
et un secrétariat qui mettra en ouvre les plans d'actions pour les femmes",
a-t-elle ajouté. Une réunion des représentants des femmes au niveau préfectoral à
Ruhengeri, au nord-est du Rwanda, examine actuellement les questions de développement
national, notamment le VIH-SIDA, la décentralisation et la bonne gouvernance, ainsi que
les questions touchant particulièrement les femmes, selon l'agence de presse. (IRIN
13/04/00)
14
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a débattu
du "rapport Carlsson" sur son rôle au Rwanda pendant le génocide des Tutsi en
1994. L'ambassadeur des Pays-Bas auprès des Nations Unies, Peter van Walsum a ouvert le
débat public en déclarant que "L'ensemble de la communauté internationale doit
reconnaître sa part de responsabilité". Quant à Richard Holbrooke, son
homologue américain, il a dit que "L'avenir doit maintenant être notre plus
grande priorité. La prévention de nouvelles violences génocidaires en Afrique centrale
est au coeur de la politique américaine dans la région des Grands Lacs, et un des plus
grands défis pour les Nations Unies". Joseph Mutaboba,
ambassadeur du Rwanda, a estimé que "Le rapport montre au-delà de tout doute
que le monde a laissé tomber le Rwanda". (AFP 14/04/00)
17
Paul Kagame a été élu par
le Parlement et le Conseil des Ministres, Président de la République rwandaise lundi 17
avril. Lors d'un vote à bulletins secrets, les soixante-six députés et vingt ministres
lui ont accordé 81 voix, alors que son "rival", Charles Muligande (secrétaire
général du FPR), en a obtenu 5. Le mandat de Paul Kagame est valable jusqu'en 2003. Le
nouveau président abandonnera, selon la constitution, ses fonctions de vice-président et
de ministre de la défense. Paul Kagame doit prêter serment samedi 22 mars. Juste après son élection, le nouveau président a déclaré aux
députés dans un discours en kinyarwanda : "Vous venez de m'élire pour diriger
la transition, une période difficile pour préparer les Rwandais au développement
durable basé sur le respect des droits de chacun et l'Etat de droit. [...] C'est une
vraie preuve de confiance, mais c'est aussi un lourd fardeau, je compte sur vous pour
m'aider à l'alléger plutôt que l'alourdir. [...] Je vous promet que mon mandat
sera marqué par la consultation avec les autres institutions du pays". (AFP,
AP, PANA 17/04/00)
L'inculpé pour génocide, Joseph Kanyabashi,
ancien maire de Ngoma, dans la préfecture de Butare, a demandé au Tribunal Pénal
International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha de le remettre en liberté, a rapporté
l'agence de presse indépendante Hirondelle. L'avocat de M. Kanyabashi a déclaré jeudi
dernier à la cour que le droit de son client à être jugé sans délai excessif avait
été violé et qu'il était détenu illégalement, indique Hirondelle. M. Kanyabashi,
dont le procès n'a pas encore commencé, a été arrêté en Belgique, en juin 1995, et
emprisonné à Arusha depuis janvier 1996, selon l'agence de presse. L'accusation a
déclaré que les arguments de la défense étaient "infondés", selon
l'agence. (IRIN 17/04/00)
18
Le président élu Paul Kagamé a promis lundi au parlement rwandais
qu'il ferait de son mieux dans l'accomplissement de sa mission, et qu'il adopterait une
approche plus consultative de sa direction, a rapporté Radio Rwanda. "Vous avez
fait preuve d'une réelle confiance en moi. Cependant, c'est également une lourde tâche.
C'est pourquoi je vous demande: au lieu d'ajouter à cette lourde tâche, aidez-moi à
l'alléger par votre coopération dans l'accomplissement de nos obligations mutuelles de
guider notre pays vers le développement", a déclaré M. Kagamé, selon la
radio. "Si nous conservons notre indépendance, respectons les lois qui
gouvernent nos institutions et l'esprit de la population, je suis convaincu que nous
remplirons avec succès nos obligations de guider les Rwandais vers l'unité, la justice
et le développement auxquels ils ont droit", a ajouté M. Kagamé.
Parallèlement, l'ancien premier ministre, Pierre-Célestin Rwigema, qui a démissionné
en février, a félicité le nouveau président et promis la coopération de son parti, le
Mouvement démocratique républicain (MDR), pour bâtir la nation. (IRIN 18/04/00)
19
Les groupes rebelles de Goma et de Bunia ont tous deux félicité le
général major Paul Kagamé, pour son accession à la présidence rwandais, a rapporté
la radio rwandaise. Le dirigeant du RCD-Goma, Emile Ilunga, a déclaré que l'élection de
M. Kagamé "constitue une garantie sûre pour la paix et le développement dans
la nation rwandaise, et aussi pour la sécurité et la stabilité dans la sous-région des
Grands Lacs". Le Professeur Ernest Wamba dia Wamba, du RCD- ML à Bunia, a
déclaré que la désignation de M. Kagamé était un facteur essentiel pour le retour de
la paix dans la région. "Le RCD-ML est fermement déterminé à coopérer avec
le président rwandais pour le retour de la paix en RDC et dans la sous-région",
a déclaré M. Wamba, selon la radio. (IRIN 19/04/00)
Des tribunaux rwandais ont infligé les
premières condamnations pour viol depuis le génocide de 1994. "Nous
avons estimé qu'il était temps d'obtenir de telles condamnations des tribunaux, pour
prévenir les violeurs potentiels que des mesures de dissuasion sont en place",
a expliqué à IRIN Gérald Gahima, procureur général au Rwanda. Radio Rwanda a signalé
lundi que 10 personnes avaient été condamnées à 20 ans de prison, et quatre autres à
10 ans. Un homme porteur du VIH, attend pour connaître sa condamnation que des tests
médicaux soient effectués sur ses deux victimes âgées de quatre et cinq ans
respectivement. (IRIN 19/04/00)
20
La famille du président rwandais décédé, Juvenal Habyarimana, signale
qu'elle s'apprête à attaquer en justice des responsables du gouvernement rwandais, en
relation avec la mort de l'ancien président dans un accident d'avion qui avait
déclenché le génocide de 1994. Mercredi dernier, sa fille Jeanne avait annoncé au
service Kinyarwanda de la BBC que la famille avait donné le feu vert à ses avocats pour
qu'ils introduisent une plainte auprès de Carla del Ponte, procureur du Tribunal Pénal
International à La Haye. "Maintenant que la vérité commence à émerger
[concernant l'accident d'avion], nous avons décidé de porter l'affaire à La Haye
parce que nous ne pouvons le faire au Rwanda", a-t-elle dit. "Cela ne
signifie pas que la personne qui a abattu l'avion soit inconnue, nous le connaissons. Ceux
qui ont abattu l'avion sont ceux qui ont attaqué le Rwanda dès 1990". Les
Nations Unies ont reconnu l'existence d'un document interne qui cite des "témoins"
selon lesquels le Front Patriotique Rwandais aurait abattu l'appareil. Le porte-parole du
gouvernement rwandais, Joseph Bideri, a indiqué à IRIN que ce n'était
pas la première fois que la famille Habyarimana menaçait de traîner le gouvernement en
justice. "Tout un chacun a le droit d'aller en justice, mais la question est de
savoir ce qu'ils ont à présenter ?", a-t-il dit. "A mon avis, la
famille Habyarimana n'a rien qui justifie de faire perdre son temps au Tribunal
International de La Haye. Pensez-vous qu'ils soient contents de voir Paul Kagamé
président du Rwanda ? Ces allégations arrivent juste au moment de l'investiture du
président, c'est tout". (IRIN 20/04/00)
Le président Paul Kagamé a
présidé mardi son premier conseil des ministres, a rapporté la radio rwandaise. Selon
cette dernière, la réunion devait surtout examiner un projet de loi régissant le
système traditionnel de justice 'gacaca' visant à accélérer les procès en génocide.
Le procureur général, Gérald Gahima, a indiqué à IRIN qu'il espérait que le système
gacaca aurait force de loi avant la fin de l'année. Le conseil des ministres a également
décidé que les lois régissant les lieux de prière et moments de rassemblement devaient
être respectées, suite à l'éclosion d'une multitude de cultes. Selon RNA, il a
décidé de fermer tous les cultes et sectes religieuses du pays qui n'auraient pas de
certificats d'agrément. (IRIN 20/04/00)
22
Le nouveau président du Rwanda, Paul Kagame, a prêté serment
lors d'une cérémonie au Stade Amahoro de Kigali devant plus de 25.000 personnes.
Plusieurs chefs d'états africains y ont assisté, dont Pierre Buyoya (Burundi), Frederick
Chiluba (Zambie) et Benjamin Mkapa (Tanzanie). Le président Museveni (Ouganda) était
absent, mais représenté par sa vice-présidente, Specioza Kazibwe. Les présidents Thabo
Mbeki (Afrique du Sud), Daniel arap Moi (Kenya) et Isaiah Afewerki (Erithrée) avaient
envoyé des délégations. Vingt-et-un coups de canon prévus pour saluer l'occasion ont
été annulés au dernier momen pour ne pas effrayer la foule assistant à la cérémonie
qui était présidée par Siméon Rwagasore, Président de la Cour
Suprême. C'est devant lui que Paul Kagame a prêté serment en jurant de "respecter
la constitution et de soutenir les intérêts du peuple rwandais en respectant la loi".
Ensuite, dans un discours en kinyarwanda, M. Kagame a remercié Passteur Bizimungu pour
son travail effectué depuis 1994.
Extraits du discours : "C'est
la première fois dans l'histoire du Rwanda qu'un changement de pouvoir a lieu sans bain
de sang. [...]. La paix et la sécurité ont été établies dans tout le pays.
Plus de trois millions de réfugiés sont rentrés. Le Rwanda deviendra une nation où
chaque Rwandais veut vivre. [...] Les gens disaient que le remplacement du
président du Rwandais devait se faire sur des critères ethniques. Mais les Rwandais ont
rejeté les divisions ethniques tout comme les divisions régionales et religieuses.
[...] Les étrangers regardent les Rwandais non en tant que Rwandais mais en tant que
Tutsis, Hutus et Twas. [...] Nous allons continuer à consolider l'unité parce
que c'est la base de toute chose. Nous continuerons à combattre tout ce qui divise les
Rwandais. Nous lutterons pour les droits de chaque Rwandais, quelle que soit son origine".
A propos de politique étrangère, le Président Kagame a déclaré qu'il allait
encourager les "bonnes relations de voisinnage" avec les pays de la
région des Grands Lacs.
(AP, BBC, PANA, Reuters 22/04/00 et New Vision 23/04/00)
25
Le parti des exilés, l'Union des forces démocratiques rwandaises
(UFDR), a déclaré que la nomination du président Kagamé ne résout pas les problèmes
fondamentaux "notamment la paix et la justice au Rwanda et dans la région des
Grands Lacs". Dans un communiqué, l'UFDR a demandé "l'abolition de la
politique de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie universelle".
Reconnaissant que la nomination de Kagamé constituait un "changement historique",
l'UFDR a toutefois accusé le nouveau dirigeant du pays "d'être un homme
manipulateur et calculateur". (IRIN 25/04/00)
Le président Kagamé a inauguré
la semaine dernière un projet de radar à Kigali, destiné à renforcer le contrôle du
trafic aérien et la gestion de l'espace aérien au Rwanda, a rapporté la radio
nationale. Ce projet implique le transfert au Rwanda de technologie de radar et la
formation de techniciens et d'ingénieurs rwandais. Selon les propos de Kagamé cités par
l'agence rwandaise d'information (ARI), le Rwanda avait été entièrement dépendant de
la surveillance effectuée par les autorités de l'aviation civile de Tanzanie pour tout
appareil volant au-dessus de 25 000 pieds. "Avec ce système de radar, le Rwanda
peut maintenant bénéficier des services tant attendus du contrôle du trafic aérien,
des services d'information sur les vols, des services d'alerte et de surveillance
générale", a-t-il indiqué. (IRIN 25/04/00)
La Cour suprême du Rwanda a
destitué 26 avocats accusés d'avoir commis des délits allant de la corruption et du
détournement de fonds à "l'irresponsabilité". Deux autres avocats
viennent d'être suspendus. D'après l'agence rwandaise d'information donnant des détails
sur cette affaire, il s'agirait de "l'absorption de fonds de dédommagement
destinés aux survivants du génocide". (IRIN 25/04/00)
26
Selon le quotidien ougandais New Vision, un avion Antonov 8 utilisé par l'Armée
Patriotique Rwandaise se serait écrasé le 19/04/00 en RDC. Cinquante-sept officiers de
l'Armée Patriotique Rwandaise seraient décédés au cours de cet accident. Loué à bas
prix par des ressortissants de pays d'Europe de l'Est installés à Entebbe (Ouganda), cet
avion, comme d'autres dans ce cas, n'aurait pas bénéficié de la maintenance
nécessaire. L'information aurait été confirmée, selon le New Vision par des sources
militaires à Kigali indiquant que "le nombre de victimes était le plus élevé
parmi les officiers dans l'histoire du Rwanda". Parmi les victimes, qui se
rendaient à la prestation de serment du nouveau président, figurent 17 capitaines, 20
lieutenants, quelques soldats et l'équipage russe. Selon l'hebdomadaire indépendant
rwandais, The Newsline, au nombre des victimes figureraient le Major Claver
Rugambwa, commandant de brigade à Pepa (Sud est de la RDC), le Capitaine
David Safari et le Capitaine Bayingana, frère de feu Claude
Dusaidi, ancien ambassadeur du Rwanda à l'ONU et conseiller politique de Paul Kagame. (New
Vision 26/04/00)
Tandis que le gouvernement rwandais a pris des
mesures pour s'attaquer à l'enorme population de prisonniers en attente de jugement, il
n'a pas tenu sa promesse de relaxer ceux contre qui aucune preuve n'est retenue ou qui ont
été arrêtés illégalement, a dénoncé Amnesty International. "Six
ans après le génocide de 1994 qui a coûté la vie à un million de Rwandais, près de
125 000 détenus se morfondent encore dans les prisons dans des conditions inhumaines",
a condamné Amnesty dans un rapport intitulé "Rwanda: le cours troublé de la
justice", rendu public mercredi. L'organisation s'est déclarée inquiète de ce que
le gouvernement avait introduit des amendements judiciaires, prolongeant continuellement
la période de détention avant-procès "en violation absolue de la loi
internationale". Selon Amnesty, le surpeuplement des prisons, le manque
d'hygiène et les soins médicaux insuffisants continuaient de causer de multiples cas de
maladies et la mort de nombreux détenus. Par ailleurs, des civils étaient détenus
illégalement par les militaires, dont des hommes et des femmes arrêtés en RDC accusés
d'espionnage pour le gouvernement congolais, a affirmé le rapport. Amnesty a aussi
appelé le gouvernement rwandais à réviser son projet de loi sur le système 'gacaca',
les tribunaux populaires, afin que les normes de la justice ne "soient pas
davantage amoindries", a indiqué le rapport. Ce système serait vaguement basé
sur ce que les autorités qualifient de système traditionnel de justice invitant la
population locale à juger des personnes accusées d'avoir participé au génocide de
1994. Amnesty a déclaré qu'elle était toujours préoccupée par le fait que les
accusés jugés par le système gacaca ne pourraient pas être représentés par un avocat
de la défense, et que ceux chargés d'instruire ces procès n'avaient aucune formation
juridique ou bien avaient un intérêt personnel dans le verdict. Amnesty a aussi indiqué
que certains aspects du système gacaca ne répondaient pas aux normes internationales
requises pour des procès équitables garantis dans les traités internationaux ratifiés
par le Rwanda. (IRIN 26/04/00)
27
L'organisme de défense des droits de l'homme basé à New York, Human
Rights Watch, accuse le gouvernement rwandais, dans un rapport rendu public
jeudi, "d'utiliser la sécurité comme prétexte pour couvrir les abus de droits
de l'homme contre les citoyens rwandais". Le rapport donne des détails sur des
meurtres, des assassinats, des tortures et des détentions arbitraires qui auraient été
perpétrés par les forces de sécurité. D'après HRW, les abus de droits de l'homme au
Rwanda dépassent le clivage ethnique. "Le gouvernement tutsi cible actuellement
les survivants tutsis du génocide de 1994 car ils sont soupçonnés d'être des opposants
politiques", a déclaré une consultante de HRW, Alison DesForges, dans le
communiqué de presse de l'organisation. Les autorités rwandaises ont qualifié ce
rapport de politique, publié pour discréditer la "transition politique sans
heurts du pays. Il s'agit d'une déclaration politique car elle véhicule les opinions
d'hommes politiques mécontents tels que l'ancien président de l'assemblée Sebarenzi"
a indiqué à IRIN Emmanuel Ndahiro, conseiller spécial du président. "Human Rights
Watch s'appuie sur un réseau d'informateurs qui ne sont pas objectifs et se contente
d'écrire tout ce qu'il obtient d'eux". Il a rejeté le rapport le qualifiant "d'outil
de propagande". Parmi d'autres cas, le rapport examine l'assassinat d'Aciel
Kabera, ancien conseiller de l'ex-président Pasteur Bizimungu, et l'exil de l'ancien
président de l'assemblée nationale, Joseph Sebarenzi. Selon HRW, Sebarenzi a fui le
Rwanda car il craignait d'être assassiné après avoir été accusé de soutenir le
retour du roi en exil, Kigeli V. Le rapport fait état de la détention de Daniel Ngezi,
un éminent homme d'affaires tutsi, accusé d'aider des soldats rwandais - des survivants
du génocide pour la plupart - à quitter le pays. (IRIN 27/04/00)
Les Rwandais en exil ont fait
savoir qu'ils souhaitent tenir des discussions avec le président rwandais Paul Kagamé
avant de se prononcer sur un retour dans leur pays. A l'occasion de son discours
d'investiture samedi, M. Kagamé a demandé aux Rwandais séjournant à l'étranger de
revenir. "Nous sommes satisfaits que Kagamé ait reconnu qu'il existe des
réfugiés en dehors du pays", a déclaré au service kinyarwanda de la BBC,
Charles Ndereyehe, leader du Rassemblement pour le retour des réfugiés et la démocratie
au Rwanda (RDR). "Nous demandons également à tenir des pourparlers avec Kagamé
avant de rentrer chez nous...car nous pensons qu'un dialogue est nécessaire pour se
mettre d'accord sur les questions qui créent les situations de réfugiés". Il
a observé que quelques membres du RDR étaient rentrés au Rwanda "mais ne
pouvaient pas s'exprimer car il n'y aucune liberté d'expression au Rwanda".
"Nous parlons donc au nom de ceux qui sont dans le pays, qui ne peuvent pas
s'exprimer eux-mêmes et au nom de ceux qui sont encore en exil", a-t-il
ajouté. (IRIN 27/04/00)
28
Le général Augustin Ndindiyilimana, ancien chef d'état-major de
la gendarmerie nationale rwandaise, a plaidé jeudi non coupable pour les 10 chefs
d'accusation et de crimes contre l'humanité portés contre lui au Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR). Dans un communiqué de presse, le TPIR sis à Arusha,
a déclaré que l'accusé avait plaidé non coupable lors de sa comparution initiale
devant le juge Pavel Dolenc. Le général rwandais - accusé d'avoir planifié le massacre
de Tutsis et de Hutus modérés en 1994 - a été extradé de Belgique au début du mois.
(IRIN 28/04/00)
Le parlement rwandais a réprimandé l'ancien
ministre à la présidence Patrick Mazimhaka, d'après un bulletin de
l'Agence rwandaise d'information (ARI). Selon ces informations, l'assemblée a examiné un
rapport produit par la commission d'enquête sur la mauvaise gestion et le détournement
de fonds lorsque M. Mazimhaka était ministre de la réhabilitation et de la
relocalisation. Le parlement a aussi recommandé que les autorités prennent des mesures
contre les hauts responsables du gouvernement impliqués dans le scandale de la
corruption, soit Christine Umutoni, l'ancienne directrice générale et
trois autres responsables du même cabinet. Bien que le parlement ait réprimandé
Mazimhaka, aucune décision n'a été prise contre lui. (IRIN 28/04/00)
L'ARI a rapporté jeudi que 200 réfugiés
rwandais avaient volontairement quitté la RDC pour retourner chez eux, seulement
une semaine après que le président Paul Kagamé eut demandé aux réfugiés de rentrer.
"L'opération de rapatriement dure depuis six mois, mais le nombre est faible par
rapport à ceux qui sont rapatriés aujourd'hui", a déclaré à l'ARI
Jean-Baptiste Muhirwa, préfet de Gisenyi. Les réfugiés séjournent au camp de transit
de Nkamira, où ils reçoivent des services humanitaires, avant d'être rapatriés dans
leur commune d'origine. (IRIN 28/04/00)
29
Le Président Kagame a nommé
le Colonel Emmanuel Habyarimana au poste de Ministre de la défense. Le
Col. Habyarimana, 45 ans, a été un officier supérieur des ancienes Forces Armées
Rwandaise (ex-FAR) jusqu'à leur défaite en 1994. Il a été ensuite intégré au sein de
l'Armée Patriotique Rwandaise dans laquelle il a servi comme directeur du planning et
directeur général. (PANA 29/04/00)
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