Les milices rwandaises de l'Interahamwe
ont lancé des attaques aux abords de la ville de Goma, tuant plusieurs civils."La
semaine dernière, l'Interahamwe a barré la route à Mugunga et a tendu des embuscades
sur des camions transportant des civils, tuant quelques personnes" a indiqué à
IRIN une source humanitaire de la région. "Ce qui inquiète les gens, c'est le
niveau d'impunité avec lequel les milices effectuent ces attaques". L'AFP a
rapporté que trois civils avaient été tués et 10 personnes blessées jeudi dernier
lorsque l'Interahamwe leur a tendu une embuscade au sud-ouest de Goma. Les responsables du
RCD, qui contrôlent la région, ont indiqué à IRIN qu'au cours du mois dernier,
l'Interahamwe avait intensifié ses attaques dans la région de Goma. "L'insécurité
prévaut dans la région mais la situation n'est pas totalement incontrôlée" a
affirmé le chef des forces de sécurité du RCD, Bizima Karaha. Il a ajouté que le
président congolais, Laurent-Désiré Kabila "a ré-entraîné et ré-armé
l'Interahamwe pour nous désorganiser".
(IRIN 01/08/2000)
Le parti de l'ancien premier ministre
Pierre-Célestin Rwigema, le Mouvement démocratique républicain (MDR),
a déclaré qu'il tiendra des élections pour élire son nouveau président, a rapporté
l'Agence rwandaise d'information (ARI). Le parti a destitué Rwigema de la présidence
lorsqu'il s'est enfui du Rwanda pour chercher asile aux Etats-Unis, accusant les
autorités rwandaises de conduire une dictature. Le secrétaire de direction du MDR,
Christian Marara, a indiqué à l'ARI que le vice-président du parti, Célestin Kabanda,
assurerait la présidence par intérim du parti, jusqu'aux élections prévues dans un
mois. Dans un communiqué, le MDR s'est distancié des propos de M.Rwigema à propos du
gouvernement rwandais. L'ARI a fait observer qu'il s'agissait du quatrième changement de
président du MDR en six ans. Un autre ancien leader, Faustin Twagiramungu, s'est
également enfui du pays et se trouve aujourd'hui en Belgique, et son successeur -
Bonaventure Ubarijoro - accusé de génocide, est actuellement en prison.
(IRIN 01/08/2000)
Le FMI a libéré 12,5
millions de dollars après avoir effectué un premier examen sur les résultats du Rwanda
dans le cadre du Mécanisme de croissance et réduction de la pauvreté. D'après un
communiqué du FMI, les membres du conseil de direction ont loué les autorités
rwandaises pour "avoir réussi à maintenir une stabilité macroéconomique
grâce à une croissance solide et à une inflation faible". La direction a
également salué "les fortes mesures que les autorités ont prises pour
résoudre les difficultés rencontrées en 1999 dans le domaine fiscal, et pour
accélérer les réformes structurelles où les progrès ont été plus lents que prévu".
"Ceci a permis de conclure le premier examen de la situation rwandaise et de
confirmer les efforts positifs du Rwanda dans sa stratégie économique" a
indiqué le communiqué. Il a souligné que le FMI attendait une diminution des dépenses
militaires au profit du domaine social, "à une période où les efforts
en vue de promouvoir la paix dans la région avançaient".
(IRIN 01/08/2000)
2
Les autorités rwandaises et
ougandaises se sont déclarées préoccupées par les offensives qui seraient
lancées par le gouvernement de RDC, et ont demandé la tenue, le plus rapidement
possible, d'un sommet réunissant les signataires de l'accord de paix de Lusaka. "La
situation est inquiétante"' a indiqué mercredi à IRIN le conseiller
présidentiel rwandais sur les Grands Lacs, Patrick Mazimhaka. "Le gouvernement
du [président Laurent-Désiré] Kabila a lancé une offensive au nord-ouest et le
gouvernement rwandais soutient totalement les efforts de la faction rebelle, le Mouvement
de libération du Congo (MLC) pour défendre son territoire". M. Mazimhaka a
également déclaré que M. Kabila "avance dans le secteur sud aux alentours de
Kabinda et Kabalo". "Nos troupes sont sur le terrain" a-t-il
déclaré. Le gouvernement ougandais a corroboré la position du Rwanda sur les
affrontements du nord-ouest. "Il est tout à fait clair que Kabila a lancé une
offensive en prenant les villes de Dongo et Imese sous contrôle du MLC avant la signature
de l'accord de Lusaka" a indiqué le porte-parole de l'armée, le major Phineas
Katirima. "Nous soutenons tous les efforts réalisés par le MLC pour recouvrer
leurs positions". En ce qui concernait l'Ouganda, il a indiqué que ses troupes
resteraient sur ses positions défensives tant qu'elles n'étaient pas attaquées. "Nous
ne voulons pas imiter Kabila et violer le cessez-le-feu" a-t-il poursuivi.
(IRIN 02/08/2000)
La secrétaire d'Etat britannique pour le
développement international, Claire Short, a fait savoir que son
gouvernement soutiendra les "efforts en vue de garantir la réalisation de
perspectives encourageantes pour le peuple rwandais" selon l'organisme
britannique, le Fonds de développement pour le développement international (DFID). Mme
Short s'exprimait à l'issue d'une visite au Rwanda le mois dernier. "Préparer
une stratégie de réduction de la pauvreté et se qualifier pour obtenir un allègement
de la dette, très nécessaire pour ce pays, seront parmi les priorités du gouvernement
[rwandais] ces six prochains mois" a indiqué le DFID.
(IRIN 02/08/2000)
4
Le président rwandais Paul Kagamé a reçu un
message spécial du médiateur dans les pourparlers de paix pour le Burundi, Nelson
Mandela, a rapporté la radio officielle. Dans le message délivré par le
représentant spécial du médiateur, le juge Mark Bomani, M. Mandela sollicitait le
soutien du gouvernement rwandais au processus de paix pour le Burundi. M. Bomani a
souligné les progrès effectués jusqu'à présent pour rapprocher les parties au conflit
en vue de parvenir à la paix. Il a indiqué que quelques points restaient encore à
résoudre, notamment le leadership de la période de transition, le système électoral et
le cessez-le-feu. On espérait que ces questions seraient résolues la semaine prochaine
à l'occcasion des pourparlers d'Arusha, a-t-il indiqué. M. Kagamé, quant à lui, a
garanti à M. Bomani que le Rwanda soutenait le processus de paix, et a encouragé les
parties au conflit à conclure les négociations.
(IRIN 04/08/2000)
7
La France a demandé vendredi
au Rwanda et aux autres belligérants dans le conflit congolais "de faire le
même geste" que l'Ouganda qui a annoncé au début du mois le début du retrait
de ses troupes de la RDC. "La France prend note de l'annonce du retrait des
bataillons ougandais, qui sera vérifié par les observateurs de la mission de l'ONU
(MONUC)" selon les propos du porte-parole adjoint du ministère français des
affaires étrangères, Bernard Valero, cités par l'AFP. "La France appelle le
Rwanda, et ensuite d'autres Etats militairement présents en RDC à faire à leur tour le
même geste, conformément à la résolution 1304 du Conseil de sécurité"
a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse. Paris espérait également que le
président de RDC, Laurent-Désiré Kabila, apporterait son soutien actif et donnerait les
"garanties nécessaires" au déploiement de l'ONU en RDC, a ajouté le
porte-parole.
(IRIN 07/08/2000)
Des organisations de défense des
droits de l'homme et des Rwandais en exil ont demandé au gouvernement américain
d'extrader l'ancien premier ministre rwandais, Pierre-Célestin Rwigema,
vers le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Un organisme des droits de
l'homme, basé aux Etats-Unis, l'Organisation pour la paix, la justice et le
développement au Rwanda (OPJDR), a envoyé une lettre officielle au gouvernement
américain demandant à ce que Rwigema dénonce les coupables des crimes de guerre, des
crimes contre l'humanité et des crimes d'agression et de génocide qui se trouveraient au
sein de son gouvernement et de l'armée. Cette lettre demande aux Etats-Unis de "forcer
Rwigema à dénoncer les vrais criminels, ou sinon de le juger ou de l'extrader vers le
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)". "Vous ne pouvez
pas diriger un gouvernement qui a commis des crimes aussi horribles, fouler le sol d'un
pays démocratique et respectueux des lois, tels que les Etats-Unis, et demander l'asile
politique" selon les propos du coordonnateur de l'OPJDR, Félicien Kanyamibwa,
cités par l'agence.
(IRIN 07/08/2000)
8
Le HCR s'est déclaré
préoccupé par le retour clandestin, dans des zones très instables à l'est de la RDC,
de réfugiés congolais tutsis vivant au Rwanda. Un porte-parole du HCR a fait savoir,
lors d'une conférence de presse à Genève ce mardi, que l'agence pour les réfugiés
avait été informée du départ nocturne, vendredi dernier, d'un groupe de 33 réfugiés
congolais du camp de Gihembe dans la préfecture de Kibuye au Rwanda vers Goma au
Nord-Kivu. Le transfert par véhicule privé était au moins le troisième de la sorte
survenu ces deux dernières semaines. En effet, on savait que 88 personnes avaient été
transférées par bus de Gihembe vers la RDC le 24 juillet et 123 autres le 2 août. Grand
nombre des réfugiés restants se sont déclarés inquiets devant la nature clandestine de
ces départs. Ils ont dit au HCR que les individus qui ont fourni les moyens de transport
s'étaient également rendus dans les camps pour encourager les réfugiés à rentrer.
Selon le HCR et les autorités rwandaises, les zones d'origine des réfugiés dans le
Nord-Kivu sont encore dangereuses. Les 27 000 Congolais des camps de Gihembe et de Kiziba
sont principalement d'origine tutsie et ont fui en 1995 et 1996 les combats secouant la
région de Masisi, au Nord-Kivu.
(IRIN 08/08/2000)
Plus de 1 000 soldats rwandais sont
rentrés chez eux, à pied depuis la RDC, a rapporté l'AFP, citant un commandant
militaire, le général Kayumba Nyamwasa. Il a indiqué lors d'une cérémonie se
déroulant dans la capitale rwandaise, Kigali, que 1 004 soldats et officiers du 75e
bataillon avaient été rappelés après près de deux ans passés en RDC. "Partis
de Kisangani, ils ont marché pendant deux semaines en passant par Lubutu, Walikale [en
RDC] et Cyangugu {au Rwanda]. A partir de là, des véhicules les ont amenés à Kigali"
a-t-il dit. Le Rwanda et l'Ouganda ont accepté de démilitariser Kisangani après que
leurs troupes se furent affrontées en juin, la troisième fois dans cette ville.
L'Ouganda a déjà commencé à retirer 4 000 hommes de RDC.
(IRIN 08/08/2000)
Presque toutes les stations d'essence
de Kigali ont fermé à la suite d'une augmentation du prix des produits
pétroliers, a rapporté l'Agence rwandaise d'information (ARI). La police a dû
intervenir pour rétablir la circulation fortement perturbée par les files d'automobiles
stationnées devant les pompes à essence des quelques stations encore ouvertes. La
fermeture des stations d'essence a été provoquée par la décision du gouvernement
d'augmenter le prix du carburant sans l'accord des négociants de pétrole. Les
négociants ont déclaré qu'ils travailleraient à perte et avaient par conséquent
décidé de fermer leurs stations. La décision du gouvernement a fait monter les prix des
biens de consommation et les coûts de transport pour les habitants de banlieues. Selon la
radio officielle, le gouvernement et les négociants se sont réunis ultérieurement et
ont publié un communiqué annonçant la création d'un comité technique chargé
d'examiner les variations des prix du pétrole sur les marchés internationaux ainsi que
la fluctuation des taux de change du dollar contre le franc rwandais.
(IRIN 08/08/2000)
L'Unité des informations des
économistes (UIE), dans sa dernière analyse de pays, a indiqué que le Front
patriotique rwandais, au pouvoir, perdrait probablement des élections libres et
transparentes. En effet, les Rwandais seraient plus susceptibles de voter pour les partis
principalement hutus tels que le Mouvement démocratique républicain (MDR). Dépourvu de
mandat électoral, le FPR avait acquis son droit moral de gouverner en mettant un terme au
génocide de 1994, en supprimant l'ethnicité comme critère de formation d'organisations
politiques, et en mettant en place un gouvernement relativement droit et une gestion
économique compétente, faisait observer l'UIE. le MDR, pour sa part, est profondément
divisé dans ses rangs élevés et les intrigues politiques s'y multiplient, entraînant
la chute de hauts fonctionnaires du gouvernement tels que l'ex-premier ministre
Pierre-Célestin Rwigema, a relevé l'UIE. "Ces divisions profitent essentiellement
au FPR, qui est soupçonné par bon nombre d'encourager ces désaccords en coulisses"
lisait-on.
(IRIN 08/08/2000)
9
Le chef d'état-major rwandais, le général
de brigade Kayumba Nyamwasa, a demandé mardi aux Nations Unies et aux
dirigeants régionaux d'exercer une pression sur le président de la RDC Laurent-Désiré
Kabila pour qu'il applique l'accord de paix de Lusaka, menacée par la recrudescence des
combats. "C'est à la communauté internationale de faire pression sur Kabila"
a-t-il indiqué lors d'une cérémonie organisée à Kigali pour célébrer le retour de 1
000 soldats rwandais qui sont revenus de la ville congolaise de Kisangani. Des analystes
régionaux ont indiqué à IRIN que la reprise des combats en RDC pouvait inciter
l'Ouganda et le Rwanda à ralentir le retrait de leurs troupes de RDC.
(IRIN 09/08/2000)
L'Envoyé spécial de l'ONU pour la
République démocratique du Congo, Kamel Morjane, a prudemment salué,
mardi, une proposition de désengagement du Rwanda qui s'engage à reculer de 200 km de
tous ses fronts sur le territoire congolais, afin de permettre le déploiement des
observateurs de l'ONU. "Nous tiendrons bien sûr, des consultations avec les
autres parties sur cette disposition car l'ONU aura très certainement besoin de moyens
pour faire ceci et une large coopération de toutes les parties est nécessaire pour
contrôler cette zone" a-t-il indiqué à Radio France Internationale. La
proposition rwandaise, selon des experts militaires, créerait un large couloir de Dekese
au centre de la RDC jusqu'à Moba sur les rives orientales du Lac Tanganyika. Les
responsables rwandais indiquent qu'ils soutiennent totalement l'accord de Lusaka et le
déploiement de l'ONU en RDC. "Nos intentions sont très claires" a
déclaré à IRIN le conseiller présidentiel rwandais sur la région des Grands Lacs,
Patrick Mazimhaka. "Nous voulons un règlement négocié au problème du Congo
pour le bien de toute la région. C'est le fondement de notre proposition et nous estimons
que c'est la chose la plus raisonnable à faire." L'accord de paix de Lusaka
prévoit le désengagement de toutes les parties au conflit et le libre accès pour une
force de l'ONU qui surveillerait finalement le retrait ordonné des troupes étrangères.
(IRIN 09/08/2000)
10
Les rebelles du Rassemblement
congolais pour la démocratie (RCD-Goma) se sont déclarés prêts à suivre
l'initiative de désengagement du Rwanda et à reculer de 200 km sur tous les fronts si
des troupes de l'ONU sont déployées dans les zones évacuées. Dans un communiqué,
parvenu jeudi à IRIN, le porte-parole du RCD, Kin-Kiey Mulumba, a nommé les fronts en
question : Dekese au Kasai, Ikela dans la province de l'Equateur et Moba au Katanga. Le
RCD a également accepté de procéder à la démilitarisation de Kisangani comme le
prévoit la résolution 1304 de l'ONU. Le RCD-Goma avait préalablement affirmé qu'il ne
se retirerait pas de la ville qu'il protégeait depuis les combats de juin entre troupes
ougandaises et rwandaises. Le responsable des affaires étrangères du RCD, Adolphe
Onosumba, a déclaré à IRIN que cette initiative était un signe de bonne volonté de la
part du RCD, et démontrait son respect envers l'accord de Lusaka. Néanmoins, le
communiqué du RCD exprimait quelque inquiétude sur le fait que le mandat actuel de la
mission de l'ONU (MONUC) ne lui permettait pas de défendre Kisangani, si la ville venait
à être attaquée par les troupes du gouvernement de la RDC. "Le RCD ne pourrait
jamais accepter la prise de son territoire par le régime de Kabila, les forces négatives
ou des mouvements ennemis" prévenait le communiqué. Il maintiendrait, par
conséquent, une présence militaire minime à Kisangani.
(IRIN 10/08/2000)
Le gouvernement rwandais a publié mercredi un communiqué sur sa
proposition d'un plan de désengagement pour la RDC. Dans le document, le Rwanda se
déclarait préoccupé par les "retards inutiles" pris dans
l'application de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka. "L'accord est signé depuis
un an, et pourtant les travaux effectués par la Commission militaire mixte (CMM) et le
Comité politique ont été constamment entravés par les nombreuses violations du
cessez-le-feu commises par le gouvernement de Kinshasa" indiquait le
communiqué. Le texte faisait notamment référence aux violations perpétrées dans la
province de l'Equateur mais soulignait que le Rwanda était prêt à faire "tout
son possible" pour faciliter l'application de l'accord. "Le Rwanda
propose d'avoir une zone d'au moins 200 km de large sur une ligne partant de Dekese, dans
la zone centrale, jusqu'à Moba dans la zone orientale" a indiqué le
communiqué. "Ceci se fera en plusieurs phases, mais à condition que l'ONU soit
entièrement responsable de la zone de désengagement" ajoutait le texte. Le
communiqué espérait que l'ONU honorerait ses responsabilités stipulées dans l'accord
de Lusaka ainsi que ses propres résolutions, encourageant d'autres signataires à imiter
la proposition du Rwanda.
(IRIN 10/08/2000)
11
Le gouvernement rwandais a
demandé à l'ONU de déployer des troupes sur les positions de la ligne de front
rwandaise en RDC en vue d'empêcher des violations de l'accord de paix de Lusaka. "Il
appartient à l'ONU d'accepter notre offre de retrait à 200km de nos positions de ligne
de front pour qu'elle puisse déployer ses moniteurs". Il a indiqué que M.
Kabila n'avait pas le droit de veto sur le déploiement des forces en RDC. "S'il
ne veut pas de casques bleus dans sa région, ils peuvent être déployés ailleurs"
a ajouté M. Mazimhaka. Il a promis que le Rwanda protègerait les soldats de l'ONU s'ils
venaient à être attaqués. "S'ils sont attaqués, en tant qu'Etat membre de
l'ONU, nous viendrons à leur rescousse, mais ceci devrait être la responsabilité de
chaque Etat membre d'intervenir et de les protéger" a-t-il commenté.
Entre-temps, le ministre zimbabwéen des affaires étrangères, Stan Mudege, a indiqué
jeudi, lors d'une conférence de presse, que le gouvernement de RDC était mécontent de
la manière dont l'ONU entendait déployer sa force d'interposition dans le pays. Il a
indiqué que cette question serait réglée lors du sommet de Lusaka qui réunira lundi
tous les belligérants.
(IRIN 11/08/2000)
Les juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) doivent
se rendre, ce mois-ci, sur les scènes des crimes qui ont eu lieu au Rwanda, selon les
propos du représentant de pays auprès du TPIR, Martin Ngoga, cités par l'Agence
rwandaise d'information (ARI). "Nous nous félicitons de cette visite, et avons,
à plusieurs occasions, demandé au TPIR de laisser les juges venir au Rwanda pour qu'ils
puissent se rendre compte de la gravité et de la nature des crimes auxquels ils ont
affaire" a déclaré M. Ngoga. Il faisait remarquer que le tribunal avait par le
passé rejeté cette requête, faisant valoir que ceci constituerait un "parti
pris" et porterait atteinte à l'indépendance des juges. Cependant, le TPIR
avait maintenant pris l'initiative de venir au Rwanda et ceci démontrait que les "performances
du Tribunal s'améliorent et beaucoup de choses ont été réglées en ce qui concerne les
travaux du tribunal et ses relations avec le Rwanda" poursuivait M. Ngoga. Il a
ajouté que cette visite - prévue provisoirement le 28 août - n'entraînerait aucune
partialité de la part du Tribunal.
(IRIN 11/08/2000)
14
Le président zambien Frederick
Chiluba, qui préside un sommet réunissant les signataires de l'accord de paix
de Lusaka, s'est déclaré très optimiste à propos de la rencontre prévue ce lundi qui,
selon lui, devrait remettre le processus de Lusaka "sur la bonne voie"
a rapporté la radio zambienne. Il s'est dit très attristé par "ceux qui ont
tourné le dos à l'accord signé". Les dirigeants de toutes les parties au
conflit - le Rwanda, l'Ouganda, le Zimbabwe, l'Angola, la Namibie, la RDC et les trois
autres groupes rebelles - sont attendus à Lusaka. Le Rassemblement congolais pour la
démocratie (RCD-Goma), soutenu par le Rwanda, a déclaré que le sommet de lundi
déterminerait l'avenir du processus de paix déjà fragile. "C'est un sommet
décisif" a indiqué à IRIN le chef de la sécurité du RCD, Bizima Karaha.
"Nous devons tous nous pencher sur l'accord de Lusaka car il semble que certains
des signataires ont oublié son contenu, et nous engager de nouveau à l'appliquer
totalement... Sinon, nous partons pour une guerre généralisée qui ne bénéficiera à
personne". Les rebelles soutenus par l'Ouganda et le Rwanda luttent pour
renverser le président Laurent-Désiré Kabila, qui demande à ce que les deux pays
retirent leurs troupes avant qu'il n'applique l'accord. L'Ouganda et le Rwanda exigent une
application totale avant de retirer toutes leurs troupes. "Nous espérons que les
chefs d'Etat oseront enjoindre à M. Kabila de respecter Lusaka, car il est clair qu'il
n'est pas intéressé par la paix" a indiqué lundi à IRIN le conseiller
présidentiel rwandais pour les Grands Lacs, Patrick Mazimhaka.
(IRIN 14/08/2000)
Le dernier camp de réfugiés rwandais
et burundais en RDC, situé à Mbuji Mayi dans la province du Kasai, a été
fermé vendredi après le départ d'un troisième et dernier groupe de 400 personnes. Les
réfugiés doivent être réinstallés sur plusieurs sites situés à 130km au sud de la
ville, a indiqué un porte-parole du HCR. Près de 1 500 Rwandais et Burundais sont
actuellement relocalisés sur des terres arables allouées par les autorités locales et
les chefs traditionnels. Ces personnes reçoivent des outils agricoles, des fournitures de
secours et une ration alimentaire, pour trois mois, délivrée en une seule fois. Le HCR
apportera son soutien aux écoles et aux centres médicaux dans les communautés
d'accueil. Les semences fournies par le HCR et l'Organisation alimentaire et de
l'agriculture (FAO) pour aider les Rwandais et les Burundais à devenir autonomes,
acheminées par train depuis Lubumbashi à 700 km de là, seront également destinées aux
habitants locaux. L'opération a été programmée pour coincider avec le début de la
saison des semailles qui aura lieu dans les prochaines semaines. Un second transfert de
350 Rwandais, dont 166 mineurs, du camp de Mbuji Mayi au village de Tshiobobo, près de
Mwene Ditu, a eu lieu mardi, a fait savoir le porte-parole.
(IRIN 14/08/2000)
Un projet de loi visant à modifier
les divisions administratives du Rwanda est actuellement débattu à l'Assemblée
nationale, a rapporté l'agence rwandaise d'information. Un grand nombre de divisions
actuelles remontent à l'ancien régime de l'ex-président Juvénal Habyarimana. Parmi les
propositions présentées à l'Assemblée, on note le remplacement des
"préfectures" par des "régions", des "communes" par des
"districts". Les "secteurs" et "cellules" restent
inchangés. La "cité", la "municipalité", la "ville" et le
"centre d'affaires", sont parmi les structures urbaines proposées, a
rapporté l'ARI.
(IRIN 14/08/2000)
Le Rwanda a appelé à l'aide internationale afin
d'aider au retour des enfants ayant quitté le pays lors du génocide. Selon
l'agence Reuters, certains de ces enfants sont des orphelins du génocide, tandis que
d'autres ont encore leurs parents qui souhaiteraient les retrouver. Beaucoup ont été
évacués lors du génocide et ont été adoptés depuis par des familles en France,
Belgique et Italie, mais également en RDC, au Congo ou en Tanzanie. Cet appel a été
fait lors de l'ouverture d'une conférence au Rwanda sur les droits de l'enfant. "Ces
pays ne peuvent pas adopter ces enfants sans le consentement du gouvernament rwandais, de
leurs parents ou de leus familles" a déclaré Janet Kagame alors qu'elle
inaugurait la conférence. "A cause de la confusion dûe au génocide, certains
"orphelins" ont été séparés de leurs parents ou de leurs familles et ont
été emmenés par des ONG en Europe. Ces enfants ont aujourd'hui des parents et des
familles qui demandent leur rapatriement d'Europe" a déclaré le Ministre de la
Justice, Jean de Dieu Mucyo à Reuters.
(Reuters 14/08/2000)
Plus de 40.000 personnes atteintes du
SIDA sont mortes au Rwanda pour la seule année 1999, a révélé le Directeur du
Programme national de lutte contre ce fléau, M. Innocent Ntaganira. Le
Rwanda compte par ailleurs actuellement plus de 400.000 autres personnes vivant avec le
VIH-SIDA et plus de 200.000 orphelins de cette maladie, classée "catastrophe
nationale", selon M. Ntaganira. Il a indiqué que 30 pour cent des femmes qui
affectuent leur consultation pré-natale sont "séropositives". Selon
les statistiques du programme, une personne sur dix, dans la tranche d'âge comprise entre
15 et 25 ans, serait également séropositive dans un pays ou 60 pour cent de la
population est jeune.
(PANA 14/08/2000)
15
Selon l'agence Reuters, "le sommet régional sur les moyens de faire cesser la guerre en
République démocratique du Congo (RDC) s'est soldé par un échec".
Kabila est reparti "après avoir refusé toute concession sur deux points
capitaux, la sécurité des casques bleus dans l'ex-Zaïre en cas de déploiement et le
choix de l'organisateur d'une conférence multipartite sur l'avenir politique du pays".
Il a également refusé le choix de Ketumile Masire (ancien président du Botswana) comme
médiateur alors que ce dernier a été accepté par tous les autres membres de la SADC
(Communauté de développement des pays d'Afrique australe) qui a d'ailleurs déclaré que
"pour cette raison, Kabila a été fermement invité à reconsidérer sa position
sur Masire". Frederick Chiluba, président zambien, a estimé que l'hypothèse
de sanctions pourrait être examinée "à la lumière de l'action que le
gouvernement congolais entreprendra". Kabila a également estimé que les
troupes de l'Onu ne pourront pas se déployer tant que le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda,
qui soutiennent les forces rebelles, n'auront pas retiré leurs troupes du pays, comme
l'exige une résolution votée en juin par le Conseil de sécurité de l'Onu. Selon
Reuters, "Le sommet régional aura tout de même été l'occasion d'un
face-à-face inédit entre Kabila et ses adversaires, les présidents rwandais Paul
Kagamé et ougandais Yoweri Museveni ainsi que les dirigeants rebelles Jean-Pierre Bemba
et Emille Illunga".
(Reuters 15/08/2000)
Le Président rwandais, Paul Kagame
devrait effectuer une visite aux USA à partir du 6 septembre prochain. Il devrait
commencer sa visite par un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU le 06/09 avant
de se rendre à Washington DC où il devrait s'entretenir avec des officiels de la Banque
Mondiale et du Fonds Monétaite International (FMI). Une source proche du président a
indiqué que le chef de l'état devrat également rencontrer plusieurs personnalités
rwandaise ayant pris le chemin de l'exil ces derniers mois dont Joseph Kabuye Sebarenzi
(ancien président de l'ANT), Augustin Ntezilyayo (ancien Ministre de la Justice) et
Pierre-Célestin Rwigema (ancien Premier ministre).
(Monitor 15/08/2000)
16
Le président zimbabwéen Robert
Mugabe s'est élevé contre son homologue et allié congolais, le président Laurent-Désiré
Kabila qui a refusé toute concession sur deux points essentiels du processus de
paix : le déploiement des casques bleus et l'acceptation du médiateur pour le dialogue
inter-congolais. S'exprimant mardi à l'issue du sommet avorté de Lusaka, M. Mugabe a
indiqué à IRIN que M. Kabila "doit se mettre à écouter les dirigeants de la
CDAA (Communauté de développement des pays d'Afrique australe - SADC), sinon aucun
progrès ne pourra être réalisé". Dans un communiqué publié à propos de ce
sommet, les dirigeants de la CDAA ont lancé un appel à M. Kabila pour qu'il reconsidère
sa position et ont fait planer des menaces de sanctions. Le président zambien, Frederick
Chiluba, médiateur désigné par la CDAA, a déclaré mardi, à l'issue de la
rencontre, que M. Kabila avait été fermement prié d'accepter la médiation de l'ancien
président du Botswana, Ketumile Masire, et d'offrir les conditions nécessaires au
déploiement des casques bleus. Le président rwandais, Paul Kagamé, a
déclaré que M. Kabila "ne peut pas se permettre de s'opposer [seul] aux autres
parties". S'exprimant lors d'une conférence de presse à Kigali, à son retour
de Lusaka, il a fait savoir que le sommet avait abouti à un "consensus clair",
à savoir que le gouvernement de RDC était responsable de l'échec du processus de paix
de Lusaka. Il pensait que le dernier sommet de Lusaka avait été positif dans la mesure
où les protagonistes avaient réaffirmé leur soutien au processus de Lusaka. Le journal
ougandais semi-officiel 'New Vision' a condamné mercredi "l'intransigeance"
de Kabila et a indiqué qu'on devrait le forcer à respecter l'accord de Lusaka. "Kabila
veut la guerre" commentait le journal. "Kabila devrait être tenu
responsable ... la communauté internationale ne devrait pas le laisser ébranler les
efforts de paix." L'afrique "n'a pas besoin de la mentalité de Kabila
maintenant ... au contraire, les Africains devraient s'unir et l'obliger à accepter la
paix" poursuivait l'article. Les Etats-Unis ont également sévèrement mis en
garde M. Kabila, a rapporté l'AFP. "Les Etats-Unis appellent le gouvernement de
Kinshasa à honorer cet accord [l'accord de paix de Lusaka] qu'il a signé et à rejoindre
toutes les autres parties dans le cadre d'une résolution coopérative du conflit
congolais" selon les propos d'une responsable de la mission américaine auprès
de l'ONU, Nancy Soderberg. L'ONU, pour sa part, a fait savoir qu'elle
attendait de recevoir de plus amples informations sur cette rencontre avant de réagir
officiellement. "S'il y a eu un échec dans les pourparlers, nous le regrettons,
mais nous devons voir d'abord ce qu'il en a été" a déclaré le porte-parole
de l'ONU, Manoel de Almeida e Silva. L'OUA a appelé le gouvernement de RDC à créer un
"environnement favorable" au déploiement des casques bleus. Prenant la
parole à Dar es Salaam, le Secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim,
a déclaré que le gouvernement de M. Kabila "avait montré qu'il n'était pas
d'accord avec les principes de l'accord de paix de Lusaka" a rapporté la radio
tanzanienne.
(IRIN 16/08/2000)
Les trois groupes rebelles de RDC doivent prochainement entamer des
pourparlers en vue de s'unir et de former un seul mouvement rebelle, d'après Emile
Ilunga, chef de file du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma).
Interviewé par IRIN, il a déclaré que son mouvement avait tenu des discussions avec
Jean-Pierre Bemba du Mouvement de libération du Congo (MLC) et Ernest Wamba dia Wamba du
Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML). "Nous
sommes tous d'accord sur le principe de la formation d'un front commun" a-t-il
dit. Il a ajouté qu'en "signe de bonne volonté" le RCD-Goma enverrait
une délégation de hauts responsables à Gbadolite ce week-end pour s'entretenir avec M.
Bemba "afin d'exprimer sa solidarité face à l'agression lancée par Kabila
contre son mouvement". M. Ilunga a également précisé que le RCD-Goma "accueillerait
le retour" des membres du RCD-ML. "Ce sont les nôtres"
a-t-il dit à IRIN.
(IRIN 16/08/2000)
La "migration illégale"' de quelques habitants de la
préfecture de Kibungo, au sud-est du Rwanda, vers la Tanzanie voisine, a été
interrompue par une campagne de sensibilisation, a rapporté l'agence rwandaise
d'information (ARI). Le préfet de Kibungo, Eugène Barikana, a indiqué que de nombreux
problèmes étaient dus à une "direction faible aux niveaux inférieurs"
selon le bulletin de l'agence. Des sources officielles ont indiqué que cet exode était
dû aux campagnes de propagande menées par les réfugiés rwandais en Tanzanie, qui
refusaient de rentrer chez eux par crainte d'être persécutés et accusés de génocide
et qui "n'ont cessé de déstabiliser le Rwanda". M. Barikana a
indiqué que les rencontres entre les préfets et les habitants avaient dissipé toutes
les craintes que ceux-ci pouvaient avoir. "Le problème de la migration illégale
et de l'infiltration a été résolu de telle sorte que les gens ne traversent plus la
frontière" a-t-il ajouté. L'ARI a déclaré que les réfugiés en Tanzanie
"incitaient les habitants de Kibungo à fuir pour de l'argent et accusaient le
gouvernement rwandais d'avoir massacré les Hutus en masse".
(IRIN 16/08/2000)
Le Ministère rwandais de la Santé
a indiqué que dans plusieurs secteurs de la préfecture de Gitarama, au 45 personnes sont
décédées de la méningite depuis la mi-juillet. Selon l'agence PANA, "les
zônes les plus touchées par l'épidémie sont situées tout le long de l' axe routier
reliant Kigali, la capitale, et Butare, la seconde ville du pays, dans le Sud, selon les
indications fournies mercredi [...] par le chef de l'Unité de gestion des urgences au
ministère de la Santé, le Dr Ruben Sahabo. [...] Au moins 36 déces ont été
enregistrés au 11 aout dernier dans plusieurs se cteurs de la commune de Tambwe et 9
autres dans celle de Ntongwe, a précisé M. Sahabo". L'administration locale et
le Ministère de la Santé ont prévu de vacciner 64.000 personnes dans six communes de la
préfecture de Gitarama.
(PANA 16/08/2000)
18
La milice des Mayi-Mayi a
qualifié la situation en RDC de "désastreuse" et a déclaré que
l'accord de paix à Lusaka est entré dans une totale impasse. Dans un communiqué parvenu
vendredi à IRIN, l'Union des forces vives pour la libération et la démocratie
(UFLD-Mayi-Mayi) a accusé le Rwanda d'essayer de "duper" l'opinion
internationale et congolaise en annonçant qu'il retirerait ses troupes de 200 km des
lignes de front. Le déploiement des troupes de l'ONU ne "servirait qu'à
renforcer les positions des troupes rwandaises au détriment du gouvernement et des forces
Mayi-Mayi" lisait-on. Le communiqué a prié le président de RDC,
Laurent-Désiré Kabila, "d'entreprendre des actions de grande envergure pour la
libération complète et immédiate du pays". Il a condamné les "discours
pseudo-nationalistes, les déclarations démagogiques et déplacées et les timides
actions militaires dans la province de l'Equateur".
(IRIN 18/08/2000)
Les autorités rwandaises ont annoncé vendredi que le pays tiendrait
cette année des élections municipales, a rapporté Reuters. Le secrétaire permanent au
ministère des administrations locales, Protais Musoni, a indiqué que le
scrutin aurait lieu en octobre ou en novembre, et élirait les maires de 104 communes.
Reuter a précisé que ce serait la seconde d'une série d'élections promises par le
gouvernement. L'an dernier, les électeurs ont choisi plus de 10 000 chefs de village. M.
Musoni a indiqué que les maires seraient "élus au mérite, et non en fonction
de leur appartenance politique ou ethnique".
(IRIN 18/08/2000)
Le président rwandais, Paul Kagamé, s'est déclaré mécontent à
l'égard de "certains Rwandais" qui fuient le pays et d'autres qui
répandent des rumeurs sur une revanche présumée de la part du gouvernment, et les a
décrits comme étant "antipatriotiques" a rapporté jeudi l'Agence
rwandaise d'information (ARI). M. Kagamé a expliqué que certaines personnes se sont
enfuies du pays en raison des rumeurs répandues par des "suspects du génocide"
selon lesquelles les tribunaux de la "gacaca" sont destinés à "entamer
une revanche" contre les Hutus. Selon ses propos cités par l'ARI, le préfet de
Kibungo, Eugène Barikana, a déclaré que les rumeurs répandues par les réfugiés qui
vivent encore dans les camps de réfugiés en Tanzanie avaient poussé d'autres citoyens
à quitter le pays.
(IRIN 18/08/2000)
21
Un projet de modernisation pour la
ville de Kigali à l'horizon 2020 a été présenté. Selon l'agence PANA, une
"source officielle" à Kigali a indiqué qu' "autoroutes,
voies ferrées, lacs artificiels, zones séparées pour les industries, l'administration,
les résidences, le sport, les loisirs, sont prévus dans les projets du nouveau schéma
directeur d'aménagement et d'urbanisation de la capitale rwandaise d'ici à l'an 2020".
Le Préfet de Kigali, Marc Kabandana a précisé que la ville doit passer d'une superficie
de 11.200 ha à 34.900 ha "à l'échéance du schéma directeur". La
population devrait, elle, passer de "600.000 habitants actuellement [à] 1,5
million dans une vingtaine d'années". De plus, "52 pour cent de la
population de Kigali vit dans des zones non urbanisées. [...] La ville ne compterait que
9.000 ménages, soit 10 pour cent des habitants de l'agglomération, établis dans les
zones de confort, avec un accès à toutes les facilités sanitaires individuelles. [...]
Seulement 40 pour cent des habitants de Kigali vivent dans des conditions raisonnables"
a affirmé M. Kabandana. "Dans ces conditions, il est temps de trouver des
réponses durables à la situation actuelle de "non planification" de la
capitale rwandaise. Il en résulte un habitat "chaotique et insalubre", combiné
à une forte pression démographique qui s'est accentuée en 1994, avec le retour massif
de plusieurs milliers de réfugiés" a-t-il ajouté.
(PANA 21/08/2000)
22
Après avoir visité la préfecture orientale
de Kibungo que des milliers de réfugiés ont fui pour se rendre en Tanzanie voisine, le
président rwandais Paul Kagame a déclaré lundi que l'insécurité n'était pas
un problème dans le pays. Les réfugiés expliquaient qu'ils avaient fui les "disparitions
et morts mystérieuses". Le dirigeant rwandais a déclaré que ces "rumeurs
étaient répandues par les génocidaires pour créer la confusion". Il a
invité les dirigeants locaux à ignorer les "rumeurs" et à "protéger
la bonne image du Rwanda".
(IRIN 22/08/2000)
Le Rwanda a envoyé lundi en Ouganda le
secrétaire général du parti au pouvoir (Front Patriotique du Rwanda, FPR), Charles
Murigande, et le conseiller à la présidence sur les questions de sécurité, le
major Emmanuel Ndahiro, pour une réunion de suivi du sommet de juin
entre les présidents des deux pays. "Lors de leur dernier sommet, les
présidents avaient donné instruction à leurs responsables respectifs d'organiser des
réunions de suivi pour ouvrir la voie", a indiqué M. Ndahiro. Les responsables
ougandais ont déclaré que la guerre en RDC ferait l'objet de discussions parmi d'autres
sujets bilatéraux. Les troupes ougandaises et rwandaises se sont accrochées une
troisième fois dans la ville congolaise de Kisangani en juin dernier.
(IRIN 22/08/2000)
24
Le ministre rwandais des
Affaires étrangères, M. André Bumaya, a rejeté, la dernière offre du
président Kabila, de "tenir un sommet direct avec ses homologues
rwandais, ougandais et burundais sur la crise" en RDC. Kabila récuse les accords de
paix de Lusaka, signés en juillet 1999 et les considère "dépassés". Il
propose un "dialogue direct" avec le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi.
André Bumaya a indiqué à l'agence PANA qu' "une telle proposition participe de
la diversion par rapport aux engagements pris à lusaka par toutes les parties au conflit.
[...] Ce qui est urgent aujourd'hui, a estimé le ministre, c'est de faire l'économie du
temps et passer directement à la mise en application des accords. [...] Ce sont de bons
accords, péniblement négociés et qui (..) ne sont actuellement mis en cause par aucune
autre partie, (..)". Il considère la proposition du président congolais comme
"un raccourci destiné à contourner Lusaka et éviter l'arbitrage de la
communauté internationale lors du dialogue inter-congolais tel que prévu par les accords".
(PANA 24/08/2000)
25
Le Représentant Spécial du Secrétaire
Général des Nations Unies en RDC, Kamel Morjane, a déclaré que le
président Laurent-Désiré Kabila avait accepté le déploiement de
troupes des Nations Unies dans les zones tenues par le gouvernement. Dans un entretien
accordé à IRIN jeudi, il a indiqué que cette percée intervenait après les entretiens
que l'envoyé spécial des Nations Unies, l'ancien président nigérian, le général
Abdulsalami Abubakar, a eu à Kinshasa avec M. Kabila. Il a indiqué qu'une décision de
déployer les troupes des Nations Unies serait prise après un réexamen de la situation
par le Conseil de Sécurité. La décision du gouvernement de RDC de permettre le
déploiement des casques bleus suit de près une extension du mandat de la MONUC. [Le
texte intégral de l'entretien est présenté dans un dossier IRIN publié
séparément le 25 août].
(IRIN 25/08/2000)
Une délégation rwandaise, conduite par le Dr Charles
Muligande (secrétaire général du FPR) a eu des discussions avec le Commissaire
Politique National (NPC) ougandais, James Wapakhabulo le 23/08 à Kampala. Charles
Muligande a déclaré à la presse, juste avant son départ de l'aéroport d'Entebbe que
cette réunion faisait suite aux discussions tenues par les présidents Museveni et Kagame
en juillet. Le cas des étudiants rwandais ayant fui en Ouganda a été abordé et Charles
Muligande a annoncé que le gouvernement ougandais négociait avec les gouvernements du
Canada et des Etats Unis sur la possibilité de leur offrir l'asile.
(Reuters 25/08/2000)
28
André Bumaya, ministre
rwandais des affaires étrangères à déclaré à l'agence PANA que le le rapport de la commission indépendante d'enquête sur le rôle
des Nations Unies durant le génocide de 1994 au Rwanda, ''a beaucoup contribue à
l'amélioration des relations qui nous unissent à l'institution onusienne''. Si le
Rwanda a longtemps accusé les Nations Unies d'avoir été incapables de prévenir ou
d'arrêter le génocide dmalgré sa présence militaire sur le terrain, ''ce
précédent fâcheux reste vif dans les esprits des rwandais, mais il est aujourd'hui
tempèré par les efforts remarquables que tend à mettre en uvre l'ONU pour aider
les rwandais à recouvrer pleinement la sécurité et à reconstruire leurs pays'', a
ajouté M. Bumaya. ''Ce qui se passe dans un pays en guerre civile comme la Sierra
Leone où les casques bleus sont déployés en force nous donne l'espoir que les Nations
Unies ont beaucoup appris de l'expérience malheureuse du Rwanda.[...] Nous en appelons à
l'ONU afin que les mêmes efforts soient étendus aux conflits qui minent aujourd'hui les
Grands Lacs [pour] ne pas retomber dans la même tragédie'' qui a frappé le Rwanda
en 1994.
(PANA 28/08/2000)
31
Le Swaziland a accepté
"d'ouvrir" (sic) ses prisons aux condamnés rwandais du TPIR. Le ministre des
affaires étrangères du Swaziland, Albert Shabangua, a signé le 30/08/2000 un accord à
Mbabane avec le secrétaire général adjoint des Nations Unies, Agwu Ukiwe Okali.
(AENS 31/08/2000)